En guise de présentation


Les Editions Inedits ont pour vocation l'inventaire des ouvrages qui n'existent pas, mais qui pourtant ont ou ont eu une influence sur la littérature. Le "Nécronomicon" bien connu des lecteurs de Lovecraft en est un exemple. "Le roi en jaune" en est un autre, Kilgore Trout est un auteur parfaitement inédiste, et ces pages leur rendent hommage tant que faire se peut....
Par ailleurs, plutôt que se perdre dans les méandres de la virtualité, nous vous proposons ici de découvrir notre activité concrète (littéraire et théâtrale).

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samedi 24 octobre 2026

vendredi 6 mars 2026

Le roi en jaune : un jeu de rôle entièrement dédié.

La traduction française d'un jeu de rôle dédié uniquement au Roi en jaune, initialement paru en décembre 2018 chez Pelgrane Press, fait l'objet d'un financement participatif, en espérant que le jeu pourra voir le jour chez Pattern Recog.

Initié par une poignée de grands admirateurs de celuiiiiiii-quiiiii-ne-doiiiiiiit-paaaaaaas-êêêêêêêtre-nommmmmmmmééééééééé, Jack Machillot en tête, les choses semblent pendre un tour plutôt positif.

Une longue interview en fait état, nous vous proposons de la retrouver ici :


 

jeudi 15 mai 2025

"Le roi en jaune" en opérette !

Les formes scéniques du "Roi en jaune" se suivent et ne se ressemblent jamais, tant elles glissent sur l'écueil individué des représentations de la folie.

Rappelons à nos lecteurs que la "pièce" est "sensée" rendre fou (donc : "insensée") ceux qui la jouent et ceux qui la regardent…

Ce défi que nul n'oserait véritablement accomplir, à moins d'être déjà passé "de l'autre côté" et devenu résident permanent de Carcosa, est relevé une fois de plus, avec le concours de Christophe Thill.

C'est sur sa page Facebook que nous découvrons l'annonce, que nous reproduisons ici :

L'info est officielle alors on peut vous la partager.
Artuan de Lierrée créera son opérette fantastique "Le Roi en jaune", d'après Robert W. Chambers, à Limoges le 12 septembre prochain.
Une pièce d'une heure pour 5 chanteurs et 2 musiciens.
Connaissant la qualité du travail de Artuan de Lierrée c'est à ne pas manquer !
New York, 1920.
À la suite d'une chute de cheval et de la lecture de la pièce interdite "Le Roi en jaune", Hildred Castaigne est affligé par une maladie mentale.
Il ambitionne de devenir l'héritier du dernier roi de la dynastie impériale d'Amérique grâce à l'aide de M. Wilde, un étrange personnage autoproclamé "restaurateur de réputations".
Le livret est basé sur ma traduction de la nouvelle "Le restaurateur de réputations". Nous avons beaucoup travaillé avec le compositeur pour arriver à une adaptation scénique qui puisse fonctionner. Inutile de dire que je suis très impatient d'assister à cette représentation pour voir ce que ça donne en vrai !!!

 

LE ROI EN JAUNE • 12 SEPTEMBRE 2025 • LIMOGES

Voir Facebook de Artuan de Lierrée.
Un peu plus d'informations sur le site de la compagnie "La folle embûche" ; et les réservations en ligne sont ouvertes depuis le 5 juilletsur le site de Haute-Vienne en scène : https://www.haute-vienneenscenes.fr/agenda/le-roi-en-jaune










L'auteur de l'opérette nous en propose un extrait, lors d'un "Twitch Live" qu'il a tenu ce 15 septembre 2025 :

samedi 13 mai 2023

Le mystère du Roi en Jaune - par Corentin Ruffet (Mai 2023)

 Annoncé par l'éditeur Inceptio pour parution le 26 mai 2023, ce nouvel apocryphe témoigne du vent intersidéral qui souffle depuis les rivages de Carcosa...




vendredi 3 février 2023

Petites émissions de radio avec interview de Christophe Thill des éditions Malpertuis

Article publié à cet adresse (nous en reprenons ici la publication), suivez le lien pour écouter les émissions :

 https://www.airzen.fr/les-editions-malpertuis-une-reference-de-la-litterature-fantastique/

 

    Les éditions Malpertuis, une référence de la littérature fantastique

    Cette petite maison d’édition est dirigée par deux passionnés de fantastique : Christophe Thill et Thomas Bauduret. Elle publie des ouvrages à la demande, au gré des besoins des lecteurs. 

    Pour les adeptes de littérature fantastique, “Malpertuis” n’est sans doute pas un nom inconnu. C’est le titre du premier roman fantastique de l’écrivain belge Jean Ray, publié en 1943. Selon Alain Dorémieux, écrivain et traducteur de science-fiction français, l’univers fantastique de “Malpertuis” « vous plonge dans une nuit peuplée de monstres inédits, où toutes les terreurs peuvent arriver ». Le nom choisi par Christophe Till et Thomas Bauduret pour leur maison d’édition située à Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, donne ainsi le ton.

    « On a créé cette maison d’édition il y a quinze ans. À l’origine, Thomas Bauduret souhaitait lancer, une fois par an, une anthologie fantastique, avec une sélection des meilleures histoires fantastiques qu’on lui envoyait. Cette anthologie existe et s’appelle Malpertuis », explique Christophe Thill. L’anthologie en est d’ailleurs actuellement à son treizième numéro. 

    Des ouvrages édités et des traductions 

    Le projet de Christophe, quant à lui, était de traduire en français un classique du fantastique, “Le Roi en jaune”, de Robert Chambers. « J’ai réalisé la première traduction françaises correcte de cet ouvrage », lance Christophe.

    Depuis début 2007, les éditions Malpertuis ont publié une soixantaine de titres. « On a, par exemple, “Les Dossiers secrets” de Harry Dickson. Harry Dickson est une sorte de Sherlock Holmes à qui il arrive des aventures étranges », raconte Christophe Thill avec passion.

    Petite sélection des ouvrages des éditions Malpertuis. Photo Léopoldine Deriot / AirZen radio

    «  Nos livres sont imprimés à la demande »

    À la base, les dossiers de Harry Dickson ont été écrits par Jean Ray. Mais ce sont les romans de Brice Tarvel, un auteur français dont les ouvrages s’inscrivent dans cet univers, qui ont été publiés aux éditions Malpertuis.

    Les éditions Malpertuis est

    donc une petite maison d’édition française, avec seulement deux employés en son sein. « On imprime nos livres à la demande. Lorsque l’on passe commande, cela peut prendre jusqu’à deux semaines. Mais pas de panique, les livres arrivent toujours à destination », sourit Christophe Thill. 

    Publié le 01/02/2023 à 03h23

    Par Leopoldine DERIOT

    Journaliste


vendredi 14 octobre 2022

BEAUX LIVRES : Le roi en jaune - illustré par Samuel ARAYA, aux éditions Callidor


 Aujourd'hui parait, dans le cadre d'une collection voulant rendre un hommage digne d'une belle édition à d'anciens textes, une belle édition de notre Roi en jaune favori, toujours dans la traduction de Christophe Thill.

Le texte, donc, ne sera une surprise pour personne, et c'est justice au vu du travail de Christophe Thill.

Les illustrations, si on peut éventuellement leur reprocher le léché trop parfait des créations numériques, réinterprètent malgré tout certains aspects "gothiques", voire "gore", dont nous avaient régalés les prédécesseurs de Samuel Araya.

Tant qu'à faire, en voici quelques exemples - les belles images valent mieux qu'un long discours.

The king in yellow - Black stars

Cassilda's song

The mask

The tatters


Plus d'informations sur l'édition : https://www.editions-callidor.com/le-roi-en-jaune

et sur Samuel Araya : https://www.arayaart.com/


mardi 20 octobre 2020

Le Roi en jaune investit Strasbourg

Une campagne de financement participatif (un peu chère à mon goût) est actuellement lancée pour un bel objet prévu pour le 1er semestre 2021 : LA VILE EN JAUNE

 Je vous laisse en goûter les détails aux adresses suivantes, mais l'ensemble - un scénario made in France pour le jeu de rôles "L'Appel de Cthulhu", dans un beau coffret - fera sans doute partie des pièces de collection rôlistique de choix dans les dix prochaines années.


http://unificationfrance.com/article64277.html

http://balades-cosmiques.over-blog.com/cthulhu-hack-la-ville-en-jaune.html

vendredi 24 avril 2020

Pas de masque ? !

Avril 2020.
Aujourd'hui, je me dis qu'il n'y a qu'une ultime pièce de théâtre qu'on puisse monter, c'est "Le roi en jaune". Malheureusement, la "pièce qui rend fou" n'est même pas véritablement écrite...
Quatrième de couverture du "Roi de jaune vêtu" - Éditions MARABOUT

dimanche 16 juillet 2017

The king in yellow en jeu de rôles



The Yellow King – un jeu de rôle par Robin D. Laws

 

Pelgrane press (Trail of Cthulhu, Night’s Black Agents, …) propose avec Robin D. Laws (Cthulhu, The Esoterrorists, Mythos Expeditions,…) un jeu de rôle directement inspiré du Roi en Jaune (The King in Yellow de Robert W. Chambers).
Il s’agit d’un jeu de rôle actuellement en cours sur la plateforme de financement participatif Kickstarter. Le jeu est motorisé par une version du système Gumshoe de Robin D. Laws.
Le jeu « The Yellow King » est inspiré par le les nouvelles de Robert W. Chambers et il plonge les personnages dans l’horreur de The King in Yellow. Une pièce de théâtre qui une fois lue, invite la folie. Rendre visite à ce Roi, une entité totalement étrangère à l’humanité qui ne vise qu’à envahir et à remodeler notre monde comme une colonie de la planète Carcosa.
Le jeu « The Yellow King » se compose de quatre livres qui permettront aux joueurs de fare un voyage épique dans l’horreur :
Belle Époque Paris, où une version imprimée de la pièce redoutable est publiée pour la première fois. Les joueurs incarnent des étudiants d’art dans un monde baignant dans l’absinthe, naviguant dans le demi monde parisien et enquêtant sur des mystères impliquant des gargouilles, des vampires et des membres de familles royales étrangères décadentes.
The Wars, est une réalité alternative dans laquelle les joueurs sont des soldats pris dans le grand conflit européen de 1947. En essayant de rester en vie sur un champ de bataille étrange et changeant, ils enquêtent sur les mystères surnaturels générés par les machinations occultes du Roi en Jaune et de ses filles.
Aftermath se déroule plus tard dans la même réalité, en 2017 en Amérique du Nord. Une insurrection sanglante a renversé un régime dictatorial fidèle à Carcosa. Les joueurs sont des anciens partisans qui s’adaptent à la vie ordinaire, essayant de construire une société juste à partir des cendres de la guerre civile. Mais tous les monstres n’ont pas été complètement bannis, et qu’ils le veuillent ou pas, ce sont eux qui possèdent les compétences nécessaires pour les chasser et les exterminer.
This is Normal now. En 2017, le monde d’aujourd’hui bien qu’il soit subtilement perméable aux êtres surnaturels et aux changements de réalité, des gens ordinaires se regroupent et réalisent lentement qu’ils sont la clé pour mettre fin à une menace s’étendant sur des époques et des réalités.
Bref, plein de promesses dans ce futur standard du jeu de rôle. La campagne Kickstarter se termine le 22 juillet 2017, et pour une livraison prévue en décembre 2018.

samedi 20 juin 2015

La minute du Docteur Schweitzer

Pour peu que vous ayez besoin d'une petite fiche de lecture détaillée du "Roi en jaune" sans vous gâcher le plaisir de le découvrir vous-même, je vous conseille la lecture de ce bon petit article signé Sophie Schweitzer à CET ENDROIT-CI DU WAIBE.
Bien qu'il "taggue" Carcosa avec deux "s", le site "Sueurs froides" est richement documenté et l'ensemble, tel que j'ai pu sommairement en juger, reste bien écrit.

PS du 20 avril 2017, alors qu'un astéroïde "frôle" notre fragile planète :
Je viens de parcourir d'autres "notes de lecture" généreuses et assez complètes ICI, sur le site de BePolar, toute l'actu du polar.
Les commentaires ouvrent souvent sur d'autres billets de blogueurs. La chose mérite d'être ici répertoriée.

jeudi 11 juin 2015

Une émission de radio sur "Le roi en jaune" - Divergence FM



Le dimanche 26 Avril 2015, dans la très cultivée émission de radio "Claire Obscure" diffusée sur Divergence FM, nous avons pu entendre une heure de discussion entre l'animateur Jean Ibanez et son invité quasi permanent Alain Vatier (?) au sujet du "Roi en jaune".

Surfant comme de juste sur la vague de la réédition en Livre de Poche, nos animateurs résument ensemble quelques unes des intrigues de l'ouvrage, avec quelques petites approximations malheureuses - comme leur apparente ignorance de l'édition originale en langue française du "Roi de jaune vêtu" dans la regrettée collection Marabout Fantastique (1976) - mais avec la bonhomie et le sens du détail que l'on retrouve souvent dans cette émission. Ils l'avouent eux-même à l'issue de cette heure, ils auraient pu débattre encore sur le sujet, et l'auditeur aurait sans doute souhaité d'avantage d'analyse. Remercions tout de même nos deux animateurs pour leur enthousiasme. 
L'émission est audible et téléchargeable ICI

A noter : deux émissions au sujet de "True Detective" ont aussi été produites et diffusées dans le même cadre les 05 et 10 mai 2015.

PS du 05 Juilllet 2015 : DIVERGENCE FM se refait en ce moment une beauté. Je vous propose de retrouver cette émission provisoirement ICI.

mercredi 22 avril 2015

True Detective : la police débarque en crypté le 23 Avril 2015 !




Comme je l'écrivais dans un précédent article, les amateurs du Roi en jaune - dont je suis - ne sauraient qu'être fort surpris de signes évidents du "retour du roi" sur les devants de la scène culturelle anglo-saxonne, et dès à présent européenne. Un des signes les plus parlants, en écho avec ce que des humanologues bien connectés pourraient affirmer, est qu'en Février 2014, l'ouvrage jusqu'alors bien oublié de Robert W. Chambers "The king in yellow" (1895) s'est retrouvé en quelques jours l'un des dix romans les plus vendus sur l'Amazon.

Un prodige ?
Permettez-nous d'en douter. Si Volonté Divine il y avait, il est fort à parier que ce ne serait pas via le premier site des destructeurs de librairies qu'Elle se manifesterait.
En Février 2014, un article du magazine "Les inrockuptibles" livrait une explication beaucoup plus pragmatique à ce phénomène : il s'agissait d'un engouement renouvelé par un tout nouveau bien de consommation de masse de la catégorie "Série Télé", et d'un corollaire appuyant la démarche du premier dans un article du Wall Street Journal (du 30 janvier 2014), immédiatement après la diffusion du second épisode de


"TRUE DETECTIVE"

Je vous avais prévenus, c'est pragmatique. Cela pourrait même être décevant, vu que l'on aurait plutôt pu s'attendre à une diffusion télé de la pièce éponyme évoquée par Chambers, contaminant des millions de spectateurs en une petite heure de temps... Au lieu de cela, nous voilà face à un polar en huit épisodes. 

Qu'en savons-nous dans un premier temps ?


True Detective, saison 1. Huit épisodes. Auteur : Nic Pizzolatto. Réalisateur : Cary Fukunaga. Avec Matthew McConaughey, Woody Harrelson, Michelle Monaghan, Michael Potts, Tory Kittles. Première diffusion aux États-Unis : janvier à mars 2014, sur la chaîne HBO. Diffusion en France sur la chaîne OCS City.



Nous intéressant de plus près à Nic Pizzolatto, l'auteur de cette série, nous découvrons qu'il s'agit d'un novice en matière de série télé, voire même de littérature. Une seule oeuvre nous en est connue : Galveston, roman policier traduit en 2011 par Pierre Furlan pour les éditions Belfond. Il s'agit d'une sorte de "road trip" partant de la Nouvelle Orléans et menant au Golfe du Nouveau Mexique, avec, et nous verrons la ficelle se répéter, un démarrage en 1987 et une seconde intrigue vingt ans après (comme dirait Alexandre Dumas). (Vous pouvez en écouter un extrait lu ICI dans l'émission Nova Book Box déjà citée dans un précédent article.)

Bref, Pizzolatto est un nouveau venu, un bleu. Mais il n'a rien d'un foie jaune.

Le signe tatoué (?)
sur la nuque de la victime.
Tâchons d'en tirer plus du visionnage de la série. Nous pourrions en dire ceci (sans... comment dit-on en jargon téléphagique ? ... spoïler ? Poil au nez !) :
L'intrigue de True Detective demeure somme toute assez simple : un meurtre a été commis, le cadavre d'une jeune femme étrangement mis en scène retrouvé dans un endroit désolé de Louisiane. Les deux inspecteurs de la brigade criminelle font connaissance en entamant l'enquête. Ce qui frappe dans un premier temps, c'est leurs dichotomies en matière de méthodologie. L'un, Martin Hart dit "Marty", est plutôt bas du front, aime les places nettes, les voies hiérarchiques et sa petite vie de famille bien réglée, le second, Rust Cohle, est taiseux, solitaire jusque dans sa vie privée ; méthodique, il note tout dans un grand calepin noir évoquant ceux des contrôleurs des impôts, et par dessus tout semble avoir intuitivement accès à des réalités qui échappent totalement à son coéquipier mais qui les mèneront invariablement vers de nouveaux indices.
Voilà pour le tandem. Comme de bien entendu, il s'agit toujours de ce duo de clown où la vérité de l'un devient la moquerie de l'autre. Jusque-là, nous voilà en territoire connu.

Le spectateur de la série toutefois ne peut s'empêcher de ressentir une pointe de nouveauté devant le mélange des genres ; nous sommes bien dans un polar, pas de doute, mais l'ambiance et son traitement sont ceux d'une série frôlant le fantastique. Comme l'écrit "Monsieur Roi en Jaune", notre spécialiste francophone de la question, j'ai nommé Christophe Thill : 

"... c’est bien un polar, mais qui marche constamment sur la ligne séparant ce genre du fantastique, et qui, de temps en temps, la franchit subtilement. Et cette ligne est jaune."
(Oui, bon, celle de la ligne jaune, j'avoue qu'elle est bien bonne, j'aurais même pu la faire, mais elle est un peu accessoire. Je présente toutefois au passage mes respects à Monsieur Thill, dont la traduction et le travail de publication dans ses propres Editions Malpertuis du Roi en Jaune ont eu la mérite d'avoir préparé agréablement le terrain à la réédition de l'ouvrage en Octobre 2014 aux Editions J'ai Lu. La citation est d'ailleurs extraite du petit article apocryphe que Monsieur Thill a concocté pour l'occasion : "True Detective et Le Roi en Jaune - des clés pour mieux comprendre la série") .

En quoi résident ces éléments fantastiques ? Le crime tout d'abord : la victime est comme "offerte" à des dieux invisibles, et évoque le sacrifice rituel d'une religion préhistorique oubliée. Nous baignons ensuite non pas dans une urbanité chère aux habituelles séries policières, mais dans une Louisiane où règne une nature souvent hostile, marquée de putréfaction et de semi-vie, hantée par une population paupérisée par des sites industriels sauvages et sans nom. Nous avons l'impression de nous retrouver dans un de ces Dunwich lovecratiens, un cul-de-sac de la civilisation où ne persistent que des humanoïdes consanguins et débiles (pour paraphraser Lovecraft). Le tableau est parachevé avec le point de vue du taiseux Rust Cohle, l'inspecteur surnommé "le contrôleur des impôts", dont l'opinion sur la vie en général et ce crime en particulier frôle le matérialisme cosmique cher à Lovecraft (du type : "Nous ne sommes rien d'autre que de la viande sensible"). Du désespoir, de la fange sans âge et de l'entropie : tout y est servi pour savourer l'amertume de l'"à quoi bon".

C'est de cet "à quoi bon" qu'il est à mon sens le plus question dans l'intrigue de cette série. En effet, plus d'une fois, nos enquêteurs seront confrontés à la vanité de leur enquête ; la victime était une jeune fille à la dérive et ne manque à personne, l'acte semble isolé et sans récidive du lendemain, les autorités - protégeant l'a(r)gent du contribuable - ont mieux à faire que de remuer la vase des bayous de Louisiane. Et pourtant ni Cohle ni Hart, l'un comme l'autre, malgré leurs natures humaines bien différentes, ne désire abandonner l'affaire. Quelque chose les a captivé. C'est ce ressort qui mène l'intrigue d'indices ténus en fausses fausses routes anticipées. L'énergie du désespoir habite Cohle, et l'orgueil de son coéquipier Hart en fait un acolyte tout aussi tenace.

La série, en plus de ce traitement particulier, repose sur une seconde originalité : son intrigue se partage en deux époques. La première enquête, celle du sacrifice préhistorique, se déroule en 1995, soit à une époque manquant d'internette et de machintruc portable. Une seconde intrigue s'y greffe, se déroulant elle en 2012, où deux nouveaux et jeunes policiers modèles interrogent nos deux protagonistes qui ont, entre temps, quitté la police.

Car l'on comprend vite une chose : si un suspect principal a été "neutralisé" en 1995, d'autres crimes semblant obéir aux mêmes rituels ont eu lieu par la suite. Les seuls (en dehors du suspect neutralisé) à connaître les détails du meurtre "originel" étant nos deux héros, cela fait d'eux (et principalement de Rust Cohle devenu une sorte de marginal chevelu) d'éventuels suspects à leur tour. L'intrigue nous fait donc osciller entre les deux côtés de la barrière qu'aurait pu franchir l'un d'eux, et s'amuse à souffler le chaud et le froid en distillant des indices sur ce qu'il s'est réellement passé en 1995, et de quelle nature est la poussière laissée négligemment sous le tapis.

Venons-en à ce qui nous intéresse plus particulièrement : les rapports qu'entretient "Le Roi en Jaune" avec cette série télé. Dès le second épisode, enquêtant sur la pauvre fille qui s'est retrouvée ligotée, affublée nue de bois de cerf et assassinée avant d'être mise en scène comme en adoration au pied d'un arbre solitaire, nos héros retrouvent son journal intime dans un endroit sordide mais toléré (par l'à quoi bon, toujours).

Le journal est celui d'une jeune paumée, cela ne fait aucun doute pour nos héros, mais qui évoque par de nombreuses occurrences "The yellow king" et "Carcosa". L'allusion au premier aurait pu n'être qu'une coïncidence (un peu comme dans le récit éponyme de Raymond Chandler), mais l'évocation du second enfonce allègrement le clou : il s'agit bien d'une référence à Chambers, voire à Bierce.

Voilà la porte enfoncée : au lendemain de cette diffusion, le Wall Street Journal précise la référence, des fans de la première heure s'empressent d'y dénicher à leur tour de nouveaux indices, l'Amazon est assailli, le livre, qu'on trouve pourtant déjà en ligne car libre de droits, voit ses ventes exploser (BOOOOM !) et connaît sa première rupture de stock en plus d'un siècle d'existence.

Ce qu'il y a de plus troublant, finalement, dans l'intrigue de la série, c'est que rien n'indique qu'il existe dans le "monde fabuleux et aquoiboniste" de True Detective d'ouvrage intitulé "The king in yellow" ou "The yellow King", ni d'item littéraire Carcosa. Ou alors, c'est vraiment que le fin limier Rust Cohle n'est rien de plus qu'un petit philosophaillon pédant et ignorant tout de la littérature décadente de son propre pays.
Cette impasse sur l'oeuvre qu'on pourrait juger "séminale" est certainement l'arbre que Pizzolatto a planté là pour cacher une belle forêt bien dense. Et de nombreux détectives en herbe, internettés les uns aux autres, y sont allés allègrement de leurs découvertes fracassantes et leurs hypothèses les plus tortueuses (citons pour l'exemple "L'assassin est le propriétaire du restaurant vietnamien où vont déjeuner Cohle et Hart").


Dans une interview à The Daily Beast, Nic Pizzolatto déclare le plus simplement du monde : 
«La série n’essaye pas de se montrer plus intelligente que vous. Et si vous faites vraiment attention, si vous regardez le premier épisode et écoutez vraiment, vous y trouverez 85% de ce qui est raconté durant les six premiers épisodes.»
Et c'est vrai ! (Enfin dans la mesure où l'on puisse déterminer ce que représentent 85 % des  6/8è de l'intrigue).

L'intrigue, si elle soumet le spectateur à un rythme angoissant, à une philosophie désabusée, à un désespoir sans borne, est au final assez simple. Nous ne sommes pas en présence d'un "OVNI télévisuel" comme pourrait l'être "Twin Peaks". Au final, il n'y a rien d'abscons ni d'occulte... si ce n'est la propre folie du, ou des, tueur(s). Comme le fait remarquer Ch. Thill : 

"... le Roi en jaune n’est pas une sorte de démon apportant la folie. Il est la folie. Il est le symbole par lequel les hommes désignent le chaos qu’ils sentent parfois s’installer dans leur esprit, s’emparer de lui. Il est lui-même un masque, celui que les hommes donnent aux complexes qui les torturent, et à leur propre désir de punition. Il est un cauchemar partagé."
 "Le Roi en Jaune" est ce maître qui guide cette fête ô combien macabre et immorale dont la jeune sacrifiée du début fait les frais. Il n'est pas le tueur, il est sa muse.

Je ne gâcherai pas le plaisir de découvrir la série en dévoilant un tant soit peu les quelques allusions au Roi en Jaune qui essaiment l'intrigue. A plusieurs reprises, les indices menant à des proches du tueur, ou a des gens l'ayant côtoyé malgré eux, mènent à ces seules allusions. Fin de la discussion. 
Mais à nouveau l'intrigue rebondit pour nous mener toujours plus profondément dans les arcanes du crime organisé. Le sordide laisse la place au franchement abject, voire à l'intolérable. Et des signes plus subtils de la mythologie du Roi en Jaune s'articulent : le signe tatoué sur la nuque de la victime pourrait bien être, bien qu'il soit bleu, un renvoi au "signe jaune" annonçant le "retour du roi".
Les jeux de faux-semblants, dont même nos deux protagonistes font leurs choux gras, pourraient renvoyer à l'allégorie du masque dont le "Roi en Jaune" affuble ses victimes, à l'image des bois de cerfs qui ornent le front de la pauvre jeune fille du début.
J'adorerai à mon tour me livrer au jeu du fan absolu qui va débusquer le détail qui tue... à quoi bon.
Hormis gâcher votre propre plaisir, cela n'aura pas d'autre mérite - ne visant pas la thèse universitaire qui ne tardera pas à se faire d'ici une petite paire d'année, ouvrons les paris.


Je ne saurais que vous inviter à lire les articles de plus savants que moi en la matière (comme Monsieur Roi en Jaune).

Je désirerai toutefois conclure, certes un peu hâtivement, sur ce qui m'a personnellement touché dans cette série.


Il s'agit du dialogue final entre nos deux détectives. Tout au long des épisodes, leurs convictions sont ébranlées, leur moralité atteinte, leur foi en la justice contaminée par des penchants pour la justice sommaire.

Aussi, une fois les intrigues résolues, qu'advient-il de leur force de vie, et de leur santé mentale ?

"Il n’est pas nécessaire d’avoir été un complice du Mal pour porter sa marque : il suffit de l’avoir côtoyé de suffisamment près… " (Ch. Thill)"












Mais rien n'est jamais perdu. Voici ce qu'en disent Rust Cohle et Marty Hart, nos deux "True detective" :


Rust :"Il y a eu un instant...Je sais que j'étais dans le noir, cette chose... cet état auquel j'étais réduit, tu vois, je n'étais même pas conscient. J'avais l'impression de flotter dans le noir, et je pouvais... Je pouvais sentir mes convictions s'affaiblir.Et au-delà de cette obscurité,il y avait autre chose. C'était... plus profond, chaud, tu vois, comme une substance. Je pouvais le sentir, (...) C'était comme si j'étais une partie de tout ce que j'avais jamais aimé, et nous étions tous... en train de disparaître.Et tout ce que j'avais à faire c'était de laisser tomber... et c'est ce que j'ai fait. J'ai dit "l'obscurité, ouais, ouais."Et j'ai disparu.Mais je pouvais... Je pouvais encore ressentir de l'amour, ici, encore plus qu'avant. Rien...Il n'y avait rien sauf cet amour. Ensuite je me suis réveillé. "
Marty : "Tu m'a pas dit à un dîner une fois, peut-être, que t'avais l'habitude... de raconter des histoires sur les étoiles ? C'était... en Alaska, sous le ciel nocturne. Tu t'allongeais et tu regardais ... Les étoiles ?"
Rust : "Oui et tu te rappelles que...Je n'ai jamais regardé la télé jusqu'à mes 17 ans, donc je ne faisais pas grand-chose là-bas à part marcher, explorer et... regarder les étoiles et raconter des histoires."
Marty: "Comme quoi ?"
Rust : "Je vais te dire, Marty, j'étais là dans ma chambre d'hôpital à regarder chaque nuit à travers les fenêtres et juste réfléchir...Il y a juste une histoire. La plus vieille."
Marty : "Sur quoi ?"
Rust : "La lumière contre l'obscurité."
Marty : "Je sais qu'on est pas en Alaska, mais... j'ai l'impression que l'obscurité a plus de territoire."(...)
Rust : "Tu sais, tu te trompes."
Marty : "Comment ça ?"
Rust : "Avant, il n'y avait que l'obscurité. Et si tu veux mon avis, la lumière est en train de gagner."


Bon allez, fin de la pause métaphysique, quelques petites cartes postales pour terminer :



La solitude du détective de fond.
Oh le vilain masque !


Mais enfin, je ne porte pas de masque !

Une vision (?) de Rust Cohle :
les oiseaux forment une spirale sous ses yeux,
et rappellent le signe tatoué sur la nuque de la première victime.

La vilaine spirale,
sorte d'aspirateur cosmique, dans l'antre du grand méchant
ou dans la tête de Cohle ?

La même vilaine chose. Attention Rusty !

On retrouve quasiment la même image dans
"Scoubi Doo sur l'île aux zombies",
qui se passe aussi dans les bayous de Louisiane.
Etonnant, non ?


Un superbe Roi en Jaune,
avec les haillons, s'il vous plaît !

L'édition d'un T-Shirt pour les tordus fans de la série...

TRUE DETECTIVE sur CANAL+, pour ceux qui paient, à partir du 23 Avril 2015.




Une bonne petite waibe tv sur les rapports qu'entretient la série avec le livre :



A venir...

Archives photos et vidéos : Thunos, Le talon de fer, Contes, L'innamoramento, Dans les bois la marguerite, Les bijoux de famille, Onde de choc, Metamerica, Le dernier jour de campagne du Général Lu-Ping, Ballet Monstre, Ubu Président, et les inédits La conscience du roi, La bifurcation ...

Kilgore TROUT : hagiographie

Le catalogue enrichi des Editions Inedits

Michel Dimichel travaille "D'arrache-pied"