En guise de présentation


Les Editions Inedits ont pour vocation l'inventaire des ouvrages qui n'existent pas, mais qui pourtant ont ou ont eu une influence sur la littérature. Le "Nécronomicon" bien connu des lecteurs de Lovecraft en est un exemple. "Le roi en jaune" en est un autre, Kilgore Trout est un auteur parfaitement inédiste, et ces pages leur rendent hommage tant que faire se peut....
Par ailleurs, plutôt que se perdre dans les méandres de la virtualité, nous vous proposons ici de découvrir notre activité concrète (littéraire et théâtrale).

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samedi 29 décembre 2012

Kilgore TROUT : "Oh, dites-moi, sentez-vous donc ?" - Inédisme


Kilgore TROUT : "Oh, dites-moi, sentez-vous donc ?"
COLLECTION KILGORE TROUT N°3

" C'est l'histoire d'un pays où tout le monde s'adonne à la lutte contre les odeurs corporelles. Une espèce de croisade nationale, quoi. Parce que c'est un pays où il n'y a plus de maladies, plus de crimes, plus de guerres. Il n'y a plus qu'un truc à combattre : les odeurs corporelles. (...) Tous les habitants de ce pays débordent d'idées sur la meilleure manière de combattre les odeurs corporelles. La campagne de lutte est financée par des dons privés et, tous les dimanches, on fait du porte à porte. Surtout les mères de famille. Le but de l'opération étant de trouver à chaque odeur son tueur spécifique. Et chimique de préférence. Seulement voilà, le héros du bouquin qui exerce en plus les fonctions de dictateur national, fait un jour une découverte scientifique capitale. Notez bien qu'il n'a quand même rien d'un savant. Bon, enfin : y a plus besoin d'idées. Parce que lui, il est allé au fond du problème. (...)
Il oblige tout simplement tout le monde à se couper le nez."

Kurt VONNEGUT, Jr.  – R COMME ROSEWATER  ! (Seuil – Collection Fiction & Cie ; pp. 207-208 ; traduction : Robert M. Pépin).

samedi 22 décembre 2012

Kilgore TROUT : "La Vénus sur une demi-coquille" - Inédisme


Kilgore TROUT : "La Vénus sur une demi-coquille"
COLLECTION KILGORE TROUT N°2

"Margaret, reine de la planète Shaltoon laissa glisser sa chemise de nuit. Elle ne portait rien en dessous. Sa poitrine haute, ferme et dénudée pointait en dehors, fière et toute rose. Ses hanches et ses cuisses étaient autant de lyres appétissantes taillées dans l'albâtre le plus pur. Elles brillaient si fort qu'on les aurait cru éclairées par un lumignon intérieur.
- Ton voyage touche à sa fin, ô Errant de l'Espace, murmura-t-elle d'une voix rauque de désir. Ne cherche pas d'avantage, car tu viens de trouver. La réponse est entre mes bras.
- La réponse est superbe, ô reine Margaret, Dieu m'en est témoin, répondit l'Errant des Espaces.
Il avait les paumes des mains couvertes de sueur.
- Et je vais m'en contenter. Et je t'en serai reconnaissant, poursuivit-il. Mais il faut que je te dise une chose. Car j'entends rester parfaitement honnête avec toi. Demain, je dois reprendre la route des cieux.
- Mais tu l'as ta réponse, tu l'as ! s'écria-t-elle en lui mettant la tête entre ses seins qui fleuraient bon la jeunesse.
Il marmonna quelque chose qu'elle n'entendit point. Elle l'écarta de son corps et le tint à bout de bras.
- Qu'est-ce que c'est que t'as dit ? demanda-t-elle.
- J'ai dit, ô reine Margaret, que ce que tu me proposes, c'est une chouette de réponse. Seulement, c'est pas de chance : c'est pas celle qui m'intéresse au premier chef."

Kurt VONNEGUT, Jr.  – R COMME ROSEWATER  ! (Seuil – Collection Fiction & Cie ; pp. 151-152 ; traduction : Robert M. Pépin).

Kilgore TROUT : "Neuf êtres ou neuf non-êtres" - Inédisme

Depuis le temps qu'on en parlait, nous sommes fiers de vous présenter le premier recueil inédit de Kilgore Trout, une référence en matière d'inédisme, plus connu outre-atlantique que chez nous (encore que...) ;  premier volume qui inaugure la collection "Kilgore TROUT", l'homme aux 117 romans et 2000 nouvelles. L'auteur fera l'objet d'une présentation plus exhaustive lors d'un prochain billet, mais nous ne bouderons pas notre plaisir à découvrir celui-ci !


Kilgore TROUT : "Neuf êtres ou neuf non-êtres"
COLLECTION KILGORE TROUT N°1

"Un des trucs favoris de Trout est de commencer par décrire une société parfaitement hideuse, celle qui sans doute lui hante l'esprit, pour ensuite, mais vers la fin seulement, proposer des remèdes propres à l'améliorer. Dans Neuf êtres ou neuf non-êtres, il part de l'hypothèse d'une Amérique où presque tout le travail est effectué par des machines et où les seules personnes à pouvoir trouver du boulot doivent avoir au moins deux ou trois doctorat. Y règne aussi de sérieux problèmes de surpopulation.
D'autant que toutes les maladies graves y ont été vaincues. Et que donc, l'on ne peut mourir que de façon volontaire. Ce qui, pour encourager les candidats à la mort, a amené le gouvernement à installer des Cabinets de Consultation Pré-suicidaire à tous les croisements de rue importants. Ils sont équipés d'un toit violet. Ce qui les distingue des restaurants-motels Howard Johnson qui ont un toit orange. Mais comme il les a fait construire tout à côté, c'est quand même pas si bête. Dans les cabinets, il y a de très jolies hôtesses d'accueil, des fauteuils inclinables et de la musiquette pré-enregistrée. On peut choisir entre quatorze façons de se liquider : toutes indolores. Ces cabinets ne chôment guère. D'une part, parce qu'il y a des tas de gens qui se sentent idiots ou inutiles et d'autre part parce que se faire sauter la caisse est ce qu'il faut faire. Surtout s'il on est altruiste et patriote. En plus de ça, tout suicidaire résolu a droit à un repas gratuit au Howard Johnson d'à-côté.
Et ainsi de suite... Trout ne manque pas d'imagination."

Extrait :
"J'irai au Paradis ?
- Bien sûr que oui, répondait l'hôtesse.
- Je verrai Dieu ?
- Mais certainement, mon chou.
Et il repartait : 
- Non, mais c'est parce que c'est ça que j'espère. Je voudrais bien lui poser une question à laquelle j'ai jamais pu trouver de réponse ici-bas.
- Ah oui ? qu'elle faisait.
En le ficelant sur son siège.
- Oui, c'est à quoi donc qu'on peut bien servir, nom de Dieu !"

Kurt VONNEGUT, Jr.  – R COMME ROSEWATER  ! (Seuil – Collection Fiction & Cie ; pp. 28-29 ; traduction : Robert M. Pépin).

vendredi 21 décembre 2012

jeudi 29 novembre 2012

Melody Eotvos - The king in yellow

Voici la traduction d'un article dont vous pouvez retrouver l'original (australien) ici

"Le  "Soundstream Collective" a créé le Prix des jeunes compositeurs dans le but de "promouvoir les compositeurs émergents et les soutenir grâce à un examen critique, une représentation publique, l'enregistrement et l'exposition en public de leur musique." Nous vous proposons ici l'enregistrement de la première mondiale de l'œuvre gagnante, Le Roi en Jaune: trois pièces pour six instruments , composé par Melody Eötvös, et interprété par ce collectif de musiciens : Melanie Walters, flûte; Peter Handsworth, clarinette; Alison Heike, violon; Janis Laurs, violoncelle, Andrew Wiering, percussions et Stefan Ammer au piano.Le concert inaugural des finalistes a eu lieu dans les studios d'ABC Classic FM d'Adelaide (Australie) le mois dernier dans le cadre du Festival 2012 Soundstream Adelaide musique nouvelle. La musique a été enregistrée pour diffusion par ABC Classic FM. (Producteur Burns, Lucas et ingénieurs du son Steve Fieldhouse et Tom Henry.)"

Je vous en propose l'écoute ou l'acquisition en ligne ici. L'oeuvre est remarquable, bien que courte (un tout petit quart d'heure), et joue à la fois sur le registre de l'inquiétante étrangeté et celui du burlesque (tout de même bien décadent). Un beau cocktail mené par des musiciens fort au point sur leur art. De plus, je suis fier d'avoir fêté mes 42 balais le jour de cet enregistrement, comme quoi on aime bien se satisfaire de pas grand chose...


Pour en savoir plus sur Melody Eötvös : ici.

vendredi 16 novembre 2012

C'était mon image de fond sur Gougueule...



... mais plus maintenant, car :


Les images de fond ne s'afficheront plus à compter du 16 novembre 2012.Merci d'utiliser les images de fond. Nous nous efforçons d'optimiser la page de recherche Google pour tous les utilisateurs et nous ne serons bientôt plus en mesure de proposer la personnalisation avec des images de fond. Celles-ci ne s'afficheront plus à partir du16 novembre 2012.
dixit Gougueule. Bon. On optimise en uniformisant après avoir rendu possible l'individuation. On se croirait revenu aux bonnes vieilles années '80 !

Le fichier original vous intéresse ? Allez au musée !


Non, je plaisante. On va tout de même pas aller au musée par un temps pareil !

Argh, mais c'est une tête coupée qu'elle a dans le plateau ?!!

Bon, pour ceux qui rechignent vraiment à aller au Musée, c'est pas les possibilités télématiques qui manquent. Quant à feu mon image de fond pour Gougueule, et pour ce genre de panel, je me sers habituellement du corpus d'oeuvres d'un site qui rassemble des "classiques sombres" :
http://darkclassics.blogspot.fr/

mais la Salomé n'en vient pas, ni le banc de maquereaux qui l'accompagnent ; elle est de Jean Benner, date de 1899, et je l'ai trouvée dans ce ruisseau-là :
http://kebekmac.blogspot.fr/2012/04/art-1900.html

(Pas de souci, la pub est gratos, les gars ! Et puis vous aussi vous êtes chez Gougueule, hein ?)


dimanche 11 novembre 2012

Heureux anniversaire Kurt Vonnegut, Jr. !


Kurt VONNEGUT, Jr. - décédé en 2007 - aurait eu 90 ans en ce 11 Novembre 2012. Pour les lecteurs de ce blogue, sachez que je m'apprête à commettre une sorte de monographie de l'auteur via ses oeuvres (parce que sa biographie, récente et controversée, n'est pas encore traduite - ni sa correspondance qui vient d'être éditée - et aussi parce que mon anglais est par trop scolaire...), mais pour patienter d'ici là, je vous propose un extrait - fort à propos pour ce 11 Novembre - de son roman "Le breakfast du Champion" (1973) :

Ce livre est (...) une sorte d'allée jonchée des déchets et des détritus que je jette derrière moi, tout en remontant le temps, jusqu'au 11 Novembre 1922.
Cette petite ballade à rebours me ramènera jusqu'à une époque où le 11 Novembre, qui se trouve être par hasard ma date de naissance, était un jour sacré que l'on appelait le Jour de l'Armistice. Lorsque j'étais enfant (...) tous les pays qui avaient combattu au cours de la Première Guerre mondiale observaient une minute de silence à la onzième minute de la onzième heure du Jour de l'Armistice, qui était le onzième jour du onzième mois de l'année.
C'est à cette minute-là que des millions et des millions d'êtres humains avaient cessé de se massacrer mutuellement. J'ai eu l'occasion de parler à de vénérables vieillards  qui s'étaient trouvés sur le champ de bataille au cours de cette minute. Ils m'ont déclaré, chacun à leur façon, que ce soudain silence n'était autre que la Voix de Dieu. Ainsi avons-nous encore parmi nous certains de ces hommes qui peuvent se rappeler de quelle façon Dieu parle clairement à l'humanité.
Le jour de l'Armistice est devenu le jour de la Fête des Anciens Combattants. La Fête de l'Armistice était un jour sacré, pas celle des Anciens Combattants.  
Je balancerai donc loin derrière moi le Jour des Anciens Combattants. Je garderai le Jour de l'Armistice. De tout ce qu'il peut y avoir de sacré, je refuserai de me défaire. 
 (Traduit de l'américain par Guy Durand - Editions du Seuil - 1974)

Sinon, le  08 Novembre dernier, c'était les 165 de Bram Stoker, mais j'ai préféré faire de la pub à Vonnegut.




mardi 21 août 2012

Bon anniversaire Tonton Théobald !

Aujourd'hui, pour le 122ème anniversaire d'Howard Phillips Lovecraft, alors que je termine quasiment la lecture du roman "Providence" de Juan Fransisco Ferré, je vous propose :

Un gentil petit diaporama :


Une petite blague avec notre Roi en Jaune favori (réalisée par Goomi) :

Et le Métal Hurlant hors série (le premier de la collection) datant de 1978 et entièrement consacré au "Maître de Providence", ici.

CADEAU !

lundi 23 juillet 2012

Inédisme : Jennifer FLEMMING


Jennifer FLEMMING : "Autres poèmes"
COLLECTION LES ETRANGES N°8

Jennifer Flemming est née à Hollywood en 1934 et y a vécu avec sa sœur Rebecca. Elles ont fait des études universitaires à YUCLA, Jennifer obtenant de bien meilleurs résultats que sa cadette, et elles ont toutes deux publié des recueils de poèmes, même si ceux de Rebecca pâtissaient de toute comparaison avec ceux de son aînée. Tout laisse supposer que les deux sœurs ont l’une pour l’autre du ressentiment tout autant que de l’amour, en témoigne «À ma sœur ».

  

À ma sœur

« Rebecca, si un jour ton miroir renvoyait
Le reflet de mes traits au lieu de ton visage,
Tant de ces faux-semblants tu as su faire usage,
Je me demande si tu le remarquerais

Quand sonne le téléphone, ou la porte d’entrée,
Et que j’entends ta voix, tu prononces les paroles
Qui eussent été les miennes si j’étais dans ce rôle.
Assise à ne rien faire, oui, je pourrais rester.

« Mais quand viendra le jour du Jugement dernier,
Mon corps prospérera, connaîtra le bonheur.
Quand les morts, de leur gangue, seront tous libérés,
Pour toi il n’y aura que la mort, que l’horreur,
Sous la pierre sur laquelle le nom qui est gravé,
N’est autre que celui qui scelle ton malheur. »

Un collectionneur - dont le cas nous est rapporté dans le recueil "Itinéraires nocturnes" de Tim POWERS, nous rapporte une version un peu différente des deux derniers tercets :

« Mais quand viendra enfin le grand Résurrecteur,
La lune m’extraira de ces pages jaunies,
Moi seule jouirai d’un immense bonheur
Pour toi il n’y aura que la mort, que l’oubli,
Sous une pierre gravée du sceau de ton malheur,  
Ce nom que tu croyais t’approprier aussi. »

Jennifer Fleming s’est suicidée par arme à feu en 1969, parce que - dit-on - Rebecca lui avait «chipé» son fiancé. Rebecca est devenue son exécutrice testamentaire sur le plan littéraire.

Tim POWERS – « Une âme dans une bouteille »,  in ITINERAIRES NOCTURNES (Denoël – Collection Lunes d’Encre ; pp. 263-266).

dimanche 17 juin 2012

Rencontre au Théâtre du Voyageur Jeudi 28 Juin à 19h30

Je me fais ici le relais du Théâtre du Voyageur, à Asnieres Sur Seine, menacé de fermeture malgré son succès public.

▪ STAGE CONVENTIONNÉ AFDAS, du 3 au 28 septembre 2012 L’ENVERS DU CLOWN ou LE THEATRE DE SPiNOZA dirigé par Chantal MELIOR assistée par François LOUIS, danse Ariane LACQUEMENT
pour comédiens, danseurs, chanteurs
J'en ai lu quelques pages et puis j'ai continué comme si une rafale de vent me poussait dans le dos…(Malamud)
▪ FÊTE DE LA VILLE D’ASNIÈRES-SUR-SEINE, samedi 23 juin 2012 à 14h30, 16h ou 17h30, au Parc Robinson (le long du cimetière des chiens)
SKETCHSPEARE adaptation et mise en scène Chantal Melior avec Sandrine Baumajs, Véronique Blasek, Brice Hugon Blanpain,
Ariane Lacquement, Mathieu Mottet
Rencontre avec Shakespeare, orchestrée par Tchekhov.
 CYCLE SHAKESPEARE SUITE / SAISON 2011-2012 adaptation et mise en scène Chantal MELIOR
lumières Michel Chauvot — décors Marine Porque
avec Joanne Allan, Sandrine Baumajs, Véronique Blasek, Sophie Bonnet, Ariane Lacquement, François Louis,
Mathieu Mottet, Siva Nagapattinam-Kasi, Lilas Nagoya, Tom Sandrin.
LES DEUX GENTILSHOMMES DE VÉRONE
au Château d’Asnières, le 6 juillet 2012
au Château de Montaigut, le 7 août 2012 
O monde instable et glissant !
L'une des premières comédies de Shakespeare, peut-être la toute première, regardée comme une esquisse pour les oeuvres « majeures » qui suivront, Les Deux Gentilshommes de Vérone est une pièce expérimentale consacrée à l'adolescence, à ses élans et à ses tourments.
L’acteur danse, bavarde, dépense une énergie dionysiaque avec nonchalance, improvise. La poésie part à la conquête du théâtre et la rencontre de Shakespeare avec le public se fait en douceur…
TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN
au Château de Montaigut, le 7 août 2012 
La trame de nos vies est tissée d'un fil mêlé, bien et mal tout ensemble.
Ici, tout est fait pour créer la surprise, celle qui permet de changer de point de vue, de mystifier les perceptions habituelles et de se jouer des préjugés.
Dès la première scène de deuil — et d’humour libre — l’intrigue dérape grâce au soldat fanfaron Paroles qui tient à la jeune héroïne Hélène des propos égrillards sur la virginité. Mais celle-ci n’a pas peur des mots et la guerre des sexes est déclarée. 

lundi 28 mai 2012

OKéANOS : quelques pas de plus vers sa concrétisation.

Les lecteurs du roman OKéANOS se rappelleront sans doute les expériences assez déroutantes du Docteur Païen et du Professeur Moreau relatives à l'exploration des rêves par le biais de la machine. L'enjeu des scientifiques est de parvenir à créer des rêves artificiels et de les faire rêver ensuite, ou d'enregistrer des rêves naturels pour les reproduire, voire les transférer vers un autre esprit.
L'enjeu premier a été pour nos deux scientifiques de créer une sorte de base de données gigantesques permettant de mettre en place une interface, un langage commun, une sorte de pierre de rosette, entre la machine et l'esprit humain (si tant est que l'esprit humain soit une entité exacte et non différenciée, non individuée ; c'est l'écueil de leur méthode mais mon point de vue d'auteur ne doit surtout pas interférer avec leurs expériences de savants fous si je veux parvenir à démontrer mon propos romanesque... taisons-nous donc sur ce débat).

Il m'est plus difficile de rester indifférent sur ce que des recherches de l'Université de Berkeley ont mis à jour : la possibilité de reconstituer via la machine les images perçues par le cerveau. Le protocole de l'expérience est simple mais rappelle fortement la méthode du Docteur Païen et du Professeur Moreau : on a présenté une série d'images à un patient la tête reliée à un dispositif de lecture à résonance magnétique, une sorte de scanner à flux sanguins. Ces flux ont été répertoriés, modélisés, et chacune des "cartographies" du cerveau obtenues ont été nomenclaturées dans une base de données. Puis, l'on a répété l'expérience, et les résultats ont été recoupés avec ceux de la base de données récoltée précédemment. Bon, il y a un gars qui l'explique pas mal dans sa langue à lui (l'amerlokkke), ce qui est normal vu qu'il est l'inventeur du dispositif.


Bon, pourquoi pas ? Au regard des images obtenues, pour l'instant, on peut encore dormir tranquille. Mais j'aimerais pointer quelques détails :

Dans leur communiqué de presse, nos deux "savants" amérikkains évoque le besoin du corps scientifique de comprendre le fonctionnement encore mal décodé du cerveau, ressenti comme le pinacle des organes, et pour ce qui les intéresse la façon dont le cerveau crée ces images dynamiques que nous connaissons tous pour en user sous le terme heureusement assez vague d' "imagination". Pour connaitre ce fonctionnement naturel, ils déclarent avoir besoin de comprendre tout d'abord comment le cerveau fonctionne en regardant des films (!)

Ultimately, Nishimoto said, scientists need to understand how the brain processes dynamic visual events that we experience in everyday life. “We need to know how the brain works in naturalistic conditions,” he said. “For that, we need to first understand how the brain works while we are watching movies.”


Je veux bien admettre que la production hollywoodienne, ou le fatras d'images de "Tu tubes" n'égale pas la complexité d'une bonne vieille vie quotidienne. Mais prenons avec plus de sérieux la même expérience (décidément) réalisée au Japon, où les images présentées s'avéraient de façon moins présomptueuse être des échantillons plus simples : carrés, triangles, croix, en noir et blanc. On peut s'attendre à une base de données plus générique, certainement moins entravée par de l'affect (et encore, pour les croix ça peut se discuter, mais je rappelle qu'il s'agit du Japon.)


Mais voilà : pour quel enjeu ? D'entrée, l'on suppose pouvoir parvenir à visualiser bientôt les images pensées, d'une personne dans le coma par exemple. Peut-être même le contenu refoulé de l'appareil psychique d'un patient. Et, bien sûr, visualiser les rêves ! Car, bien que nous n'en soyons dans ce domaine à peine à l'équivalent de la peinture pariétale, nous constatons que le pouvoir médiatique nomme déjà cela : "machine à enregistrer les rêves".

Voici nos derniers terrains de jeux en passe de devenir des parkings de station service, les enfants !

Le rêve - tout comme le cerveau - fascine, car il est encore source de mystère. Il est à notre humanité ce que les grandes profondeurs océanes sont à notre bonne vieille planète bleue. Et pourtant, bien qu'il se dévoile à nous quotidiennement, il persiste une pulsion épistémophilique chez l'homme de le traquer dans sa mécanique intime - si tant est qu'il n'y en ait qu'une, ou qu'il y en ait une. Le rêve nous embêterait-il, dans sa liberté, sa facilité à se dérober ou à s'imposer, dans l'impression qu'il donne d'être à lui seul une conscience à part entière ? Et puisque le rêve n'est après tout que l'expression du désir, même ambivalent, que faire d'une machine à enregistrer l'expression des désirs ? Un institut de sondage ?

Je ne cesse de m'effrayer des applications que notre modernité barbare saurait permettre à une telle invention si elle fonctionnait à plein (ce qui semble pouvoir être le cas à l'horizon 2030). Un journaliste amateur s'extasie naïvement sur les possibilités de "trip de rêve collectif dans le genre Inception". Encore une fois, la bêtise crasse de l'imagerie à résonance magnétique hollywoodienne a bien constitué son travail de sape. Même en laissant de côté une éventuelle culture littéraire science-fictionnelle au profit de l'industrie cinématographique, citer le film "Brainstorm" ne suffit plus à tirer les sonnettes d'alarmes. Nous pourrons bientôt faire de nos rêves des clips et des "dreamspots", et puisque nous en aurons rêvé, Sony nous le fera.

En témoigne cet engin déjà sur le marché pour la modique somme de 95 Dollars : "un masque à placer devant les yeux permettant à celui qui le porte durant son sommeil de contrôler ses rêves, de les façonner à son goût."
Le truc est un peu éventé, il s'agit d'une béquille, c'est à dire d'un appareil qui remplace avec une présupposée efficacité une fonction normalement constitutive de notre état de nature. Ici, le masque réagit aux mouvements oculaires qui accompagnent toute activité onirique en faisant clignoter des petites lampes Led devant les paupières. Le rêveur est alors censé percevoir les petites lumières rouges et les traduire dans son rêve par la conscience qu'il rêve, en d'autre terme le mener illico presto vers le nirvana des rêves lucides. Je suis en train de rêver de mon chef de service, et hop, petites lumières rouges, je m'envole par la fenêtre  !


Quand on connait les troubles de la personnalité que l'abus de rêve lucide peut entraîner, équivalent à du surmenage, et la réticence naturelle de l'esprit humain à renouveler trop souvent ce type d'expérience, nous ne pouvons qu'envisager avec effroi la grande dépression qui guette l'humanité quand elle découvrira que la boîte aux présumées merveilles n'abrite pas plus de trésors que ne nous en dévoile déjà notre simple capacité à imaginer. Et si Pan dort, sans doute vaudrait-il mieux ne pas épuiser la sauvage liberté de l'imaginaire et du rêve par l'entrave d'un contrôle factuel - un code barre jusque dans nos âmes.

Les enfants, je me suis trompé, c'est pas un parking de station service, c'est un camp d'entrainement militaire !

dimanche 13 mai 2012

La peste à Florence - le film d'Otto Rippert au Musée d'Orsay

Dans un article précédent, j'avais cité le Musée d'Orsay comme détenteur d'un exemplaire notifié du Salomé d'Oscar Wilde. Ce Samedi 12 Mai 2012, dans le cadre d'une exposition liée à Debussy ("Debussy, la musique et les arts" au musée de l'Orangerie), le Musée d'Orsay présentait dans son auditorium "La peste à Florence", film d'Otto Rippert muet et allemand de 1921(selon le musée, 1919 selon les autorités allemandes de l'institut Murnau) , en fait l'adaptation somme toute assez libre de la nouvelle fantastique "Le masque de la mort rouge". La nouvelle étant en bonne place sur l'autel de l'indicible, je m'y suis rendu, curieux de ressentir en un même lieu autant d'évocations masquées du Roi en jaune, et les rapports symboliques qu'elles pourraient entretenir avec la réalité du moment.



Car le rapport avec Debussy n'y était qu'accessoire : c'est d'Edgar Allan Poe dont il était question dans cette série de projections réunies sous le cycle "Rever d'Edgar Allan Poe". Effort louable de la part d'un musée qui prouve ainsi qu'il aurait pu célébrer en 2009 avec un peu d'imagination le bicentenaire de l'écrivain américain chéri de Baudelaire. Si l'on admet son amende honnorable par ce cycle d'adaptations cinématographiques, le programme toutefois induisait en erreur quant à la nature du film présenté ce jour-là. En témoigne le résumé qu'il en proposait :
Cesare, gouverneur de Florence, et son fils s'éprennent de la même mystérieuse courtisane. Torturé sur ordre de son père, le fils tue ce dernier, alors que la ville, hantée par le spectre de la Mort, sombre peu à peu dans la débauche.
Loin de reprendre l'histoire du film, ce pitch fait pshiit, et reprend les erreurs déjà citées par la cinémathèque française à l'occasion de son exposition sur l'expressionnisme allemand en 2006 - 2007.

La Peste à Florence 
(Die Pest in Florenz) 
d’Otto Rippert 
Allemagne/1919/96’/INT. FR./35mm 
Scénario de Fritz Lang. 
Avec Theodor Becker, Otto Mannstaedt, Anders Wikman, Karl Bernhard, Franz Knaak, Erner Hübsch. 
Le gouverneur de Florence et son fils s’éprennent de la même jolie courtisane, alors que la ville sombre peu à peu dans la débauche. 
Dim 12 novembre 2006 16h30 Salle HL 
Mer 20 décembre 2006 19h00 Salle HL 
(La faute certainement à l'Internet Movie Database...)



En réalité, Lorenzo, le jeune premier du film, n'est pas plus le fils du gouverneur - nommé dans le film le "potentat" - que Poe n'était celui de Mr Allan. On s'attend toutefois à le voir en Prince Prospero, tant son amour de la débauche lui colle à la peau. Mais le héros est trop jeune et manque de la puissance du Prince. Oubliée ici la donne sociale du puissant qui se pense intouchable par la nature elle-même - dans ce qu'elle a de plus mortel, la peste. On pressent dans le scénario de Fritz Lang l'imminence d'une morale bien ancrée dans la piété et l'abstinence. Le rapport avec Poe s'est  encore amenuisé sous le rabot des excuses de la maîtresse de cérémonie du musée : étonnée presque de voir un auditoire réuni pour ce film, invoquant Fritz Lang comme plus intéressant que Otto Rippert, qu'elle a relégué dédaigneusement au rang de monteur,  faisant du film un "fatras" fritzlanguien où la nouvelle de Poe n'est qu'un vague prétexte - "peut-être Fritz Lang a-t-il voulu reprendre l'idée des sept chambres du Prince Prospero en découpant son film en sept chapitres" a t-elle reconnu. A ce stade de la célébration à la Mort Rouge, j'étais bien dépité de constater que Poe reste très mal connu et fréquenté par l’intelligentsia culturelle française.

Qu'en était-il de cette adaptation ?

Dans une Florence affligée par le fossé des générations, où une jeunesse frivole et aisée (Lorenzo) s'ennuie dans la morgue solennelle et inquisitrice d'une église vieillissante (le potentat, le cardinal, le moine), Lorenzo et le potentat s'éprennent tous deux de Julia, une courtisane fraîchement débarquée de Venise, surgie au beau milieu d'une procession religieuse aux trois cents figurants. Forcément, chacun y va de sa séduction, l'un en proposant des bijoux, l'autre en usant de l'appât du pouvoir. Mais en élisant le jeune Lorenzo, Julia éveille la fureur de l'église, qui la fait arrêter au beau milieu d'une fête aux cinquante figures (bouffons, musiciens, hommes, femmes et enfants, porcelets, paons, et serviteurs exotiques...). Tout ce beau monde se révolte contre ce pouvoir intolérant et, au prix d'une émeute somme toute assez ridicule, chasse le potentat et l'église et prend la cité en mains.
Lang est souvent cité par le biais de Métropolis comme une sommité en matière d'utopie cinématographique. Ici, la ville de Florence libérée de ses chaînes est d'une naïveté déconcertante. Au final, nous n'en verrons qu'une succession de beuveries et de timides assauts, dans une débauche bon enfant. Décidément, nous voilà loin des possibilités que la nouvelle de Poe tenta (sic !).


Mais l'histoire rebondit avec l'arrivée en ville d'un ermite, Medardus, tout vêtu de noir et adepte de l’auto-flagellation. Celui-ci surgit lors d'une fête chez Julia, chez qui décidément on entre comme dans un moulin, pour prêcher contre cette nouvelle Sodome, ou Gomorrhe, au choix. Julia manoeuvre pour séduire l'ermite... et y parvient sans même faire usage d'une quelconque danse des sept voiles ! Medardus revient obsédé par l'image de la jeune femme - la scène de sa tentation où de petites têtes de démons s'ébattent autour d'une Julia mise en croix est une vraie gourmandise. Lors d'une partie de chasse, Julia se perd et trouve refuge chez l'ermite qui croit halluciner. A cette occasion, Medardus montre à la courtisane la voie de la sagesse, en lui présentant le sort réservé aux  pécheurs : foulés au pieds, brûlés dans les flammes, menacés par des têtes de chiens-dragons en carton pâte (si, si !). C'est après une confrontation avec leurs doubles - ici des pécheurs accomplis semble-t-il, mais des versions plus héroïques d'eux-mêmes au final, que chacun se range à l'avis de l'autre.

Plus tard, Julia repousse Lorenzo, hantée qu'elle est par le magnétisme de l'ermite - interprété par l'excellent Theodor Becker. Au prix d'un violent effort contre son conditionnement religieux (ou peu s'en faut), l'ermite rejoint Julia chez elle, à la Véronèse - c'est à dire en passant par le balcon - et la surprend avec Lorenzo qu'il étrangle dans un accès d'amour pour son prochain.

On s'attendrait à voir Julia basculer dans l'austérité. Mais au final, Medardus remplace Lorenzo sur la place vacante de Prospero potentiel. L'église, sous l'autorité du Vatican, jette l'anathème sur la ville de Florence, et la débauche se poursuit - avec certainement de bons serviteurs exotiques tout dévoués à nettoyer entre deux tours tant l'ensemble demeure propret (nul sentiment de "bascule" vers la débauche, donc). Et c'est alors, on en est tout de même aux deux tiers du film, que le spectre de la peste s'approche de la ville, tel un présage de chute du triple A.



Je dois avouer que les apparitions fantomatiques de la peste, érynie décharnée à l'inexorable marche rapide, sont plutôt réussies, et son arrivée relance une dernière fois une intrigue qui peine à réellement démarrer.Comme dans le Roi en jaune, le sentiment que tout n'était que mise en place d'un drame effarant à venir fait encore illusion.  Bien sûr, la ville est forclose, et les fêtes s'y poursuivent. Mais Medardus, plutôt que s'enfermer dans le palais de Julia, prend la fuite et va au devant de la maladie, cherchant le repentir dans le soin aux mourants.  Ce n'est que convaincu qu'il porte la maladie qu'il retourne chez Julia, alors qu'un bal costumé est préparé - trop tard ! Plus rapide que la mort rouge de la nouvelle de Poe, Medardus sitôt retourné auprès de sa bien aimée propage le virus et sème la mort dont Julia et lui seront les premières victimes. On aurait adoré voir porter des masques, mais ce sera pour la prochaine fiesta.


Si je fais état des écueils du travail de Fritz Lang dans son adaptation trop libre de la nouvelle de Poe, c'est qu'au final il ne s'agit en rien d'une adaptation. Bien que ce film soit de très bonne facture, somptueux par moments, cocasse par d'autres, ridicule parfois, il ne trouve sa place que dans une programmation exhaustive du travail cinématographique sur Poe. On aurait pu souhaiter un bon nombre d'autres films que celui-ci...

Je me suis sciemment égaré de mon premier propos : le travail du symbolique dans notre réalité (du moins la mienne). J'attendais des signes jaunes - plutôt que des singes jeunes. J'en ai eu quelques-uns, notamment lors de l'arrivée de la peste dans le film. Dans la salle, les spectateurs ont pu entendre un petit bruit, semblable à celui d'un tintement de grelot : la fermeture métallique du manteau d'un homme quittant la salle à pas lourd, répandant malgré lui l'odeur caractéristique de ceux qui n'ont plus que des cinémas d'arts et d'essai pour foyer - quand il y a encore un demi-siècle d'autres lieux de culte accueillaient les indigents. En quittant la salle, à l'approche de l'épidémie, il installa un trouble.

Plus tard, sur le quai du RER Musée d'Orsay, une vieille femme tenait son foulard rouge sur le nez, comme pour se protéger d'exhalaisons fétides. Puis sur ce même quai, je suis dévisagé par un homme au visage marqué par la présence d'un oeil de verre de mauvaise qualité. Dans mon balladeur, "La légende d'Eer" de Iannis Xenakis sonne terriblement. Je repense à "Epidémic" de Lars Von Trier. Mais la "Peste à Florence" n'aura tout de même pas eu autant la force d'évocation à laquelle elle aurait pu prétendre.

Ce sera pour la prochaine fiesta !





PS du 23 mai 2015 :
Diffusé sur Arte le 12 mai 2015, le site internet de la chaîne franco-allemande reprenait les mêmes erreurs de "pitch" débusquées dans cet article. Copier/Coller, quand tu nous tiens !

Quelques belles images mise en ligne à l'occasion de cette diffusion, ainsi qu'un post sur le site "Le coin du cinéphile" :




jeudi 3 mai 2012

Le talon de fer - note d'intention

-LE TALON DE FER

Petite note d'intention au sujet de l'adaptation pour la scène.

Jack London est déjà devenu un écrivain célèbre lorsqu’il entame la rédaction du « Talon de fer » en 1906. Connu pour ses nouvelles sur la ruée vers l’or et ses romans, il est considéré comme le « Kipling du grand froid ». C’est sans compter son activité de journaliste, de photographe et d’essayiste politique, ainsi que de conférencier pour le compte du parti socialiste américain. Homme épris d’aventure, il voyage aussi en solitaire à bord de son sloop « Le snark » et ne cesse jamais son activité d’écrivain. Il est, ses proches le diront, une « force de la nature ».

Dans « Le talon de fer », c’est le personnage d’Ernest Everhard qui reprend à son compte le parcours de London. Conférencier politique tout comme lui,  candidat puis membre du congrès là où London concourait à la mairie d’Oakland, Ernest Everhard se fait le porte parole des visions d’avenir de London. Car, en composant ce roman entre 1906 et 1908, London s’amuse à écrire l’histoire d’un futur pour lui immédiat : la mise en place, de 1912 à 1932, d’un pouvoir autoproclamé, tyrannique et implacable, financé par le grand capital et passant outre les règles élémentaires de la démocratie. A travers Everhard, London accuse la société américaine, et toute la société capitaliste, de « mauvaise administration », se nourrissant de la misère pour transformer « ses bénéfices en soupers arrosés de vins fins ». London pointe le travail des enfants dans les manufactures - pourtant interdit légalement au dessous d’un certain âge que nulle autorité ne prend concrètement la peine de vérifier, l’influence du grand capital sur la vie politique fédérale de son pays, « l’escamotage quotidien » exercé par la presse, le peu de poids des institutions politiques et l’hypocrisie des instances religieuses face à l’arrogance d’un pouvoir qui, détenant le capital, s’arroge le droit de « répartir le pain et le beurre pour tout le genre humain ».

Everhard l’ignore, mais son créateur va encore plus loin. Derrière les intuitions pessimistes du révolutionnaire iconoclaste, London donne déjà forme à l’oligarchie qu’il appelle « le talon de fer », à savoir la force qui écrasera la montée travailliste, et pressent avec une lucidité effrayante la montée des fascisme et nazisme. London, vingt ans avant les sombres années 30, nous prouve qu’il nous faut considérer ces fléaux non comme des accidents de l’histoire, mais comme le mouvement suivant de la logique historique lorsque le pouvoir est aveuglément exercé par un petit nombre de gens n’ayant  d’autre intérêt que celui d’actionnaires.


 A propos de l'adaptation jouée du 1er au 06 mai 2012 au Bahut à Arcueil

A notre connaissance, il n’avait encore jamais été fait d’adaptation de ce roman fleuve qui étale son action de 1912 à l’époque future de la Fraternité Universelle, sept siècles plus tard. C’est maintenant chose faite grâce au travail des 17 comédiens réunis cette année sur ce projet. Je voudrais ici les remercier pour leurs efforts, leur constance, leur confiance et le plaisir qu’ils ont à partager ensemble et avec le public cette « histoire passée du futur ».




Je remercie (tellement !) mes comédiens 
qui se reconnaîtront - bien que je ne les nomme pas 
pour préserver leur vie privée et publique :


Max, Noé, Tatiana, Lucile, Laurent, Mikaël, Guillaume, Vivian, Camille, 
Amélie, Baptiste, Charlotte, Florence, Mathéo, Chloé, Nourha,  et Tiffany 

Costumes de Lilas Nagoya
Régie lumière de Viviane Parent
Régie son et vidéo de Marc Dumontier assisté de Sébastien Dumontier

Musique : Aranis
(extraits des albums « Songs from mirages »,  « Aranis », « Aranis II » et « Roqueforte »)

Aranis Talon de fer by Marcel Trucmuche on Grooveshark


Musique additionnelle : Moondog

vendredi 13 avril 2012

Le TALON DE FER - du 1er au 06 Mai 2012 au Bahut, à Arcueil (94)


Entre deux tours : 

LE TALON DE FER


du Mardi 1er  au Samedi 05 MAI 2012
à 20h00
et le Dimanche 06 MAI 2012
à 16h00

d'après le roman de Jack London
Costumes de Lilas Nagoya
Adaptation et mise en scène de Marc Dumontier
pour la Compagnie Falaises et Plateaux
dans le cadre des

Spectacles des ATELIERS de CREATIONS THEATRALES

Comme tous les ans, la Compagnie Falaises et Plateaux vous propose de retrouver les spectacles - cette année au nombre de six - issus de ses ateliers de créations. Conviviales et éclectiques, ces représentations sont un rendez-vous majeur à ne pas manquer ! PENSEZ A RESERVER DES MAINTENANT





lundi 26 mars 2012

Spectacles des Ateliers de Créations Théâtrales - Printemps 2012

Spectacles des ATELIERS de CREATIONS THEATRALESDu Mercredi 04 Avril au Dimanche 24 Juin 2012

Comme tous les ans, la Compagnie Falaises et Plateaux vous propose de retrouver les spectacles - cette année au nombre de six - issus de ses ateliers de créations. Conviviales et éclectiques, ces représentations sont un rendez-vous majeur à ne pas manquer ! PENSEZ A RESERVER DES MAINTENANT





On touche le fond !


Les lecteurs d'OKéANOS, le roman que j'ai composé et que je vous propose de lire en ligne ICI, auront peut-être frémi à l'annonce de l'exploit, du moins la grande première, réalisé par le réalisateur James Cameron, qui doit décidément en avoir plein les narines.
On ne compte plus ses exploits en matière de cinématographie, catégorie Box Office s'entend, mais ce brave homme a littéralement touché le fond de la Fosse des Mariannes, l'une des fosses sous-marines les plus célèbres.Contrairement à ce qu'il se passe dans OKéANOS, son batyscaphe n'était pas équipé pour lâcher une ogive nucléaire, et n'a pas explosé en pleine mission. 
Nous aurons donc la joie de voir un joli film en 3D réalisé par le monsieur à partir de ce qu'il aura filmé cette fois-ci.Le site officiel de fond peut se trouver ICI.





(Par contre, ce ne sont pas des champions en mise en images...) 

mardi 10 janvier 2012

Un Voyageur poussé sur les voies?!

Je reproduis ici l'appel à signature pour soutenir le Théâtre du Voyageur, situé à la gare d'Asnières Sur Seine, et menacé d'expulsion d'un lieu que cette compagnie a su rendre attrayant et convivial.

"Le Théâtre du Voyageur a reçu fin octobre un courrier de Réseau Ferré de France (RFF) lui enjoignant d’avoir quitté l’ancien bâtiment du quai B de la gare d’Asnières le 31 mars 2012. Cette injonction menace à brève échéance son existence. 

Pendant des mois, RFF a gardé le silence sur l’avancement de ses pourparlers avec la SNCF en vue de lui rétrocéder à compter d’avril 2012 l’usage du bâtiment, où elle va implanter un « Point d’information voyageurs Ile-de-France (Pivif) ». 

La SNCF n’a auparavant jamais jugé utile d’informer le Théâtre du Voyageur et les collectivités locales de l’avancement de son projet et de ses échéances. 
  
En mai 2011, RFF affirmait encore qu’il était sur le point de signer avec la Ville d’Asnières une convention pluriannuelle concernant le bâtiment, en vue de la poursuite de son utilisation par le Théâtre du Voyageur. 

Le Théâtre du Voyageur ne met pas en question la légitimité de la SNCF à créer un « Pivif », mais il regrette que l’espace qu’il occupe ait été choisi sans aucune concertation ni information préalable, et sans la moindre considération pour une activité qui a valu au Théâtre du Voyageur l’attachement d’un vaste public, d’adhérents, de stagiaires en formation, de milieux associatifs, scolaires et universitaires, de journalistes, ainsi que la reconnaissance de divers organismes (Adami pour les artistes interprètes ; Afdas pour la formation professionnelle, la DAC du rectorat pour l’enseignment du théâtre en milieu scolaire).  
  
A la SNCF, à RFF, ainsi qu’aux collectivités locales concernées, nous demandons ?: 
– le maintien du Théâtre du Voyageur gare d’Asnières avec des délais lui permettant de se retourner ; 
– une concertation active et sincère, incluant le Théâtre du Voyageur, en vue de lui trouver une nouveau lieu d’accueil."




Pour compléter l'ensemble, voici une mise en perspective par le biais de la campagne publicitaire actuelle du Réseau Ferré de France. "Nous avons de grands projets pour vous", reste à définir la nature du "Vous" et celle des grands projets en question... Quoi qu'il en soit, le monde n'est pas un jeu de modélisme.

A venir...

Archives photos et vidéos : Thunos, L'étoffe des songes, Le talon de fer, Contes, L'innamoramento, Dans les bois la marguerite, Ballet Monstre, Ubu Président ...

Kilgore TROUT : hagiographie

Le catalogue enrichi des Editions Inedits