En guise de présentation


Les Editions Inedits ont pour vocation l'inventaire des ouvrages qui n'existent pas, mais qui pourtant ont ou ont eu une influence sur la littérature. Le "Nécronomicon" bien connu des lecteurs de Lovecraft en est un exemple. "Le roi en jaune" en est un autre, Kilgore Trout est un auteur parfaitement inédiste, et ces pages leur rendent hommage tant que faire se peut....
Par ailleurs, plutôt que se perdre dans les méandres de la virtualité, nous vous proposons ici de découvrir notre activité concrète (littéraire et théâtrale).

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samedi 25 septembre 2010

WONEDEURFOULE WEURLDE - Le film du spectacle

Chers amis, je suis heureux de vous faire (re)découvrir ce montage vidéo du spectacle "Wonedeurfoule Weurlde" qui fut, je dois le dire, ma première expérience en matière de long-métrage vidéo. Ma fierté du travail accompli d'à l'époque cède la place aujourd'hui à une aimable nostalgie. L'équipe de comédiens qui m'accompagnèrent tout du long de l'élaboration de ce projet sur l'Utopie était une sorte de quintessence des comédiens amateurs que j'ai eu à diriger entre 1997 et 2008. Le thème (l'Utopie) était parmi ceux qui me tiennent le plus à coeur. Le spectacle était le premier où j'utilisais la vidéo en tant que décor comme "truc" de mise en scène - travers que j'aime toujours à employer. Ce fut aussi l'un des premier textes que j'écrivais pour le théâtre, et certains retours me poussèrent à persévérer dans ce sens. Bref, "Wonedeurfoule Weurlde" reste pour moi l'une des expériences les plus enrichissantes de mon parcours d'auteur.
Le montage ici réalisé reprend l'intégralité du spectacle tel que joué en Juin 2008. J'embrasse tous ceux qui en ont fait partie et qui prendront plaisir à se reconnaître.


DVD disponible - me contacter.

jeudi 12 août 2010

Les aventures d'Arthur Gordon PYM d'après E A POE. - le spectacle filmé

L'intégralité du spectacle "en chantier" tel que représenter en Mars 2009 pour le bicentenaire de la naissance d'Edgar Allan POE.

Merci pour vos commentaires !

mardi 27 juillet 2010

LE TRAVAIL LIBERE : l'intégralité du spectacle en vidéo.



LE TRAVAIL LIBèRE
(ARBEIT MACHT FREI)
une réflexion sur la liberté et le monde du travail
Ciné-concert-théâtre
« Notre époque est, dit-on, le Siècle du travail. C’est en effet le Siècle de la douleur, de la misère et de la corruption. » (P.Lafargue)
Sur des textes d’Etienne de La Boetie (« Discours de la servitude volontaire »)
et de Paul Lafargue (« Le droit à la paresse »)
Projections de :
« Jeux de mains » de Jeanne Aslan (2005, 20’ )
« Innocence » de Arnaud Gautier (2005, 11’ )
« En chemin » de Mikhail Kobakhidzé (2002, 12’ )
Création Vidéo de François Corbière

Mise en scène de Marc Dumontier et Jean-Yves Bernhard
Musiques de Jean-Yves Bernhard
Durée : 1h10
Musiciens : 
Violoncelle: Marie Grémillard
Clarinette basse: Hyacinthe Ravet
Violon: Dimitri Artemenko
Piano: Nicolas Schoenlaub
Sax et guitare : Jean-Yves Bernhard

Interprétation : Marc Dumontier





EXTRAIT PRESSE : Le Journal d'Alsace (25 Janvier 2010)

lundi 19 juillet 2010

vendredi 2 juillet 2010

Le cauchemar d'Innsmouth


Pour celles et ceux qui ont apprécié "Le Monstre sur le seuil", une autre nouvelle de Tonton Théobald à découvrir lue en français ; malheureusement pas par l'indicible Jacques Dufilho, mais le résultat est tout à fait honorable.
Le cauchemar d'Innsmouth by HP LOVECRAFT on Grooveshark
ci-gît une playlist Grooveshark. Ca m'apprendra !

(Durée : 2 h 40)
Lu par Victor Vestia, Michel Chaigneau, Hugues Sauvay


(et si on vous demande qui est Tonton Théobald, pensez : "HPL")

PS du 15 Mai 2015 : Va falloir que je trouve une alternative à Grooveshark pour vous faire écouter ça. Vous avez des pistes, les gars ?

dimanche 27 juin 2010

THUNOS, quelques photos

Quelques photos des représentations de Juin 2010
de THUNOS, (d'après Ploutos, d'Aristophane)


Photos Florence Moreau (merci !!!!)

lundi 14 juin 2010

mardi 8 juin 2010

"The King in yellow" en Audiobook sur le projet Gutemberg

Toujours dans le souci de centraliser ce que le web propose comme documentation sur le recueil de Robert W Chambers "The King in Yellow", voici les enregistrements tels que mis à disposition sur le Projet Gutemberg.
Bonne écoute pour les anglophones !

lundi 24 mai 2010

Le monstre sur le seuil, lu par Jacques DUFILHO

Nous venons de découvrir en ligne l'excellente lecture de Jacques Dufilho du "Monstre sur le seuil" de Tonton Théobald (HP LOVECRAFT). Rarement lecture atteint ce niveau d'intensité fantastique. Je ne peux que vous en  conseiller l'audition cette nuit...
Première partie
Deuxième partie

Puisque c'est l'un des messages les plus consultés de ce blogue
merci de laisser un petit commentaire !


Pour tout (ou presque) savoir sur LE ROI EN JAUNE, c'est ICI !

samedi 22 mai 2010

A propos de Tabula Rasa


« Les paroles s’en vont, les écrits restent. » admet-on.

Mais constatons simplement ceci : face à l’énormité d’un mode d’écriture naissant, et aux perspectives que son déploiement à venir laisse deviner, toute pensée en a toujours valu une autre.

Par exemple : quand on réalisera le premier enregistrement holographique sur un ordinateur domestique, il importera peu que ce soit celui de la 7ème de Beethoven dirigée par Toscanini. La recette du lapin à la moutarde aura le même impact, suscitera le même intérêt, la même fascination.

Pour plus d’objectivité, pour conserver un peu de ce sens critique devenu si précieux, il nous suffirait pourtant de lutter contre la fascination qu’exercent technique et nouveauté. Sans quoi nous courons vers la mort de la pensée à plus ou moins court terme.

Le théâtre est un art fait de paroles, pour la parole. En quoi la pensée écrite d’un mort saurait-elle lui être utile ? Le mot d’ordre de tout théâtre contemporain est ainsi : les écrits (des morts) s’en vont, les paroles (des vivants) restent.


Un avant-goût...


TABULA RASA
du 23 au 27 Juin 2010
Au Bahut

jeudi 20 mai 2010

THUNOS, d'après PLOUTOS d'Aristophane

Réécrire ARISTOPHANE, c’est toujours se confronter à l’incroyable modernité, l’aspect indémodable dirions-nous, de son propos. Car plutôt que de le moderniser, l’enjeu reste -  enrichi par les multiples tentatives de traduction de nos deux précédents siècles - d’élaborer une réactualisation du vocabulaire de cette pièce antique. Aussi, débarrassé des scories de son temps, des références anecdotiques aux tyrans ou aux conflits de son époque, nous voici face à un texte dont le sujet (l’argent) reste chevillé à la condition humaine, et où la morale n’a rien perdu de son mordant et de son irrévérence.

Pour les jeunes comédiens qui l’interprètent, la vertu pédagogique et subversive d’un tel texte s’acoquine ici avec une initiation au travail du jeu masqué, soulignant l’outrance de nos débats sur la prétendue refonte d’un capitalisme moribond, et  le grotesque des pantins qui nous promettent monts et merveilles directement transférés sur les puces électroniques de nos destinées.
THUNOS
D’après « PLOUTOS » d’ARISTOPHANE (-408)
ADAPTATION et MISE EN SCENE
Marc DUMONTIER

Cie FALAISE ET PLATEAUX
DU 16 AU 20 JUIN 2010


Merci à  :
Alicia, William, Géraldine, Martin, Eva, 
Mathias, Amélie, Camille, et Lisa


EXTRAIT du texte :

THUNOS
Écoutez-moi bien tous les deux : c’est un lourd secret que je porte. Je suis THUNOS
KARIÔN.
THUNOS ?! Le Dieu de la finance et de la prospérité ?! Le Génie de la croissance et le pourfendeur des crises boursières ? Tu es THUNOS et tu gardais ce secret pour toi seul, scélérat ?!
KHRÉMYLOS.
Toi THUNOS, en cet état si misérable? Comment es-tu tombé si bas, dis-moi, et si sale, toi si riche !
THUNOS
Je sors à l’instant de la BERD.
KARIÔN.
De la … ?
KHRÉMYLOS.
La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement. Ne sois pas stupide, KARION. Mais dis-moi, THUNOS, ta cécité, d’où la tiens-tu ?
THUNOS
De Zeus, que croyais-tu ? Quand j’étais jeune, je l'ai menacé de ne soutenir que les hommes justes, sages et rangés : alors il me rendit aveugle pour m'empêcher de les distinguer les uns des autres, tant Zeus est jaloux des hommes de bien.
KHRÉMYLOS.
Ce ne sont pourtant que les hommes de biens et les justes qui l’honorent…
THUNOS
N’est-ce pas…
KHRÉMYLOS.
Voilà qui explique tout, du moins l’état des finances et le peu de moralité du monde des affaires…
THUNOS
Ah, tais-toi ! Ca me rend malade d’imaginer le mal que je répands malgré moi…
KHRÉMYLOS.
Mais dis-moi, si tu recouvrais la vue, fuirais-tu désormais les méchants ?
THUNOS
C’est ma seule raison d’être.
KHRÉMYLOS.
Et tu irais chez les gens de bien ?
THUNOS
Au moins par curiosité, cela fait si longtemps que je n’en ai vu…
KHRÉMYLOS.
Et moi donc.
THUNOS
Laissez-moi à présent. Je crains de causer d’autres dommages.
KHRÉMYLOS.
Certainement pas ! Tu ne pouvais pas mieux tomber dans ton errance car, j’en prends Zeus à témoin, il n’y a pas d’homme plus honnête que moi.

vendredi 14 mai 2010

Le texte original du "King in Yellow" disponible dans le "Projet Gutemberg"

ANTE SCRIPTUM DU 28 janvier 2015 :
Désolé, les scans ont été effacés par leur propriétaire...


Pour les curieux qui auraient été susceptibles de vouloir le lire en VO...

le lien était ici : The King in Yellow

Mais j'ai tout de même pu sauver ce qu'il y manquait : les images de l'édition originale de 1895 !!!!
 

 

 















lundi 3 mai 2010

THUNOS et TABULA RASA

La Compagnie Falaises et Plateaux
est heureuse de vous proposer
dans le cadre de ses
ATELIERS DE CREATIONS THEATRALES 
DU 08 Mai au 27 Juin 2010
5 Spectacles
Dans le cadre de cette programmation, je vous propose mes deux dernières pièces, écrites au long de cette année 2009-2010.

THUNOS
 (d'après Ploutos d'Aristophane)
du mercredi 16 au samedi 19 JUIN à 20H30
samedi 19 et dimanche 20 JUIN à 17H
Costumes : Sandrine Lucas
Le pouvoir de l'argent peut-il être moral ?
TABULA RASA
du mercredi 23 au dimanche 27 JUIN à 20H30
Costumes : Sandrine Lucas

Nous sommes dans la matrice du monde à venir, comme Jonas dans le ventre de la baleine… ou plutôt comme Pinocchio, vu nos capacités au mensonge.

PARTICIPATION AUX FRAIS : 5 euros 

 Reservations imperatives : 01 49 12 11 35
ou par mail :

falaisesetplateaux@yahoo.fr

vendredi 16 avril 2010

THIS MORTAL COIL révélé

Pour les curieux et ceux qui apprécient THIS MORTAL COIL, un "supergroupe" de la maison de disque 4AD, chantre de la DreamPop, voici une playlist que je viens de constituer rétablissant les versions originales des morceaux dans l'ordre de leur apparition dans les albums de reprise.

jeudi 18 mars 2010

TABULA RASA - le texte

Vous pourrez ici consulter le texte achevé le 07 Mars 2010 de Tabula Rasa, que je mets actuellement en scène pour la Cie Falaises et Plateaux à Arcueil. Représentations prévues à partir du 23 Juin 2010.

LE TEXTE

samedi 6 mars 2010

mercredi 17 février 2010

ANTILOGUE ou la contrainte de se taire


Vous l'aurez peut-être reconnu, l'Assembleur de rêves de Gustave MOREAU sert ici de toile de fond pour une histoire qui n'en a pas. Il y a été question du langage, de sa destruction accidentelle et provoquée, des conséquences de cet effacement, et de l'extinction paisible de l'Humanité.



à Arcueil 94110
JUIN 2009

vendredi 12 février 2010

Les aventures d'Arthur Gordon PYM d'après E A POE.




Les AVENTURES D'ARTHUR GORDON PYM d'après Edgar Allan POE (traduction de Charles BAUDELAIRE) mis en scène et interprété par Marc DUMONTIER mis en sons en direct par Jean-Yves Bernhard

mercredi 10 février 2010

WONEDEURFOULE Bande annonce





Cette bande-annonce a servi de promotion internet avant les représentations de Juin 2008. Elle reprend le texte de l'Acte III, scène une, florilège de Fourier et d'autres, auteurs d'encyclopédies. La Musique est de Dimitri Tiomkin (The roman forum, extrait de La Chute de l'Empire Romain). C'est Pascal, qui joue ici le rôle de Katmos le Dieu de la Vie, qui a débusqué une telle merveille de pompe romano-hollywoodienne. La réalisation des images date du 08 et du 19 Mai 2008. Le montage du 21 et 23 Mai 2008. Je livre ces informations sans contrainte, de mon plein gré, et sous la dictée de Monsieur l'Agent. plus d'infos sur http://falaisesetplateaux.free.fr MERCI !

mardi 9 février 2010

En route vers un monde meilleur !






video
Du Lundi 16 au Vendredi 20 JUIN 2008 à 20h précises
dans le cadre des ateliers de créations théâtrales 2008
La Compagnie Falaises et Plateaux proposait
dans ses locaux du Bahut
18 Avenue du Président Salvador Allende à Arcueil



WONEDEURFOULE WEURLDE "une faim du Monde en Trois Actes et Douzes scènes" précédé par LES SAVANTS DE LA VACHE FOLLE "Une tentative d'amélioration du Monde Moderne"Ecrit et mis en scène par Marc DUMONTIER Costumes : Marion REBMANN Merci à  : Pascal, Léontine, Lucile, Camille, Mikaël, Nora, Nadine, Karine, Sowan, Simon, Marion, Chloé, Marianne, Jolan, Lysiane, Tatiana, Amélie, Sarah,  Laurent et David.

vendredi 5 février 2010

Il re giallo



Pour poursuivre avec le Roi en Jaune : quelques bandes annonces d'un film italien (un moyen métrage plus précisément) : Il re giallo.
voici pour la première bande annonce... la seconde est ma préférée, et rappelle le ton de "The ring", mais aussi - et surtout- "Prince of darkness" de John Carpenter
Curieusement, je trouve la troisième moins aboutie :

Le (Burger) King in yellow sur l'indicible caveau maudit.

DECOUVREZ L'ACTUALITE DU ROI EN JAUNE 


Il était étonnant, après tant de strips, que le graphiste Goomi n'ait pas encore été tenté par le Roi en jaune. C'est chose faite depuis le strip 234.



Pour les non anglophones, et les non initiés à l'univers Lovecraftien, nous y voyons les deux Grands Anciens Cthulhu (qu'on ne présente plus...) et Y'Golonac (dont on peut retrouver un avatar dans "Le labyrhinthe de Pan" de Del Toro), salués par Hastur, sous sa forme de Roi en Jaune, et dont le nom porte préjudice à celui qui le prononce. Pour le coup, c'est Cthulhu qui s'y colle (et aura à se recomposer par la suite, comme c'est en son pouvoir.) Dans le strip suivant, Nyarlathotep, le Dieu Extérieur sous sa forme tentaculaire, interroge Hastur (oups ! "celui qui ne doit pas être nommé") sur son costume de Roi en Jaune. Celui-ci, monomaniaque, reste persuadé qu'il règnera à nouveau. Nous découvrons qu'il sert de mascotte à une entreprise de restauration rapide. Nul doute qu'aller chez Burger King nécessite aussi de se recomposer ensuite (du moins sa flore intestinale) ...




Pauvres humains non-initiés à la malédiction du Roi en jaune, les publicitaires s'interrogent encore sur le nom de leur sinistre comédien... On notera au passage le sceptre reprenant sous une forme grotesque le signe jaune, et les tentacules qui laissent deviner la forme cachée du Roi en jaune. Vous pouvez découvrir "the Unspeakable vault of doom" de Goomi (dans un anglais très abordable) sur ce lien

jeudi 4 février 2010

FESTIVAL FALAISES ET PLATEAUX du 03 au 07 Octobre 2007


La compagnie Falaises & Plateaux organise la seconde édition de son festival de création théâtrale en liberté, moment de rencontre convivial et de découverte de nombreux talents, toujours avec le soutien de la Friche Artistique Anis Gras.
A cette occasion, Falaises & Plateaux fête ses dix ans de créations à Arcueil, en proposant son nouveau spectacle « Arbeit macht frei - une réflexion sur la liberté et le monde du travail » , et en programmant quelques unes des jeunes compagnies accueillies dans ses locaux du Bahut en 2006-2007.
Le public découvrira ainsi deux pièces de la « Compagnie du rire en carton fat » : la comédie dramatique « Un paysage … » de Fanny Mentré, et « Hiver » de Jon Fosse ; le Collectif Manifeste Rien et son poème musical « Elle, Dieu et l’infrabasse » ; le Groupe Krivitch avec « Moi je / Wouf wouf !». Et puisque le travail de Falaises et Plateaux consiste aussi en des ateliers de création théâtrale, nous vous proposerons de redécouvrir « Ubu Président » créé au Bahut en Mai dernier pour le centenaire de la mort d’Alfred Jarry.

lundi 1 février 2010

Ballet Monstre, du 29 Juin au 04 Juillet 2007





Tout d'abord, je tiens personnellement à remercier tous ceux sans qui Ballet Monstre ne se serait jamais fait : Pascal et Laurent, fidèles amis, Karine ma doyenne, Camille et Mikaël (et sa compagne Laura), dont l'énergie n'a d'égale que la générosité, Stéphane dit "Néfaste" - juste pour lui-même, Florence à l'incontournable culture bis et son compagnon Pierre au coeur d'or, Marion, Alexandre, Lysiane et Agnès mes petits nouveaux qui n'en sont pas revenus - et moi donc !, mon gros loup de Jean-Yves qui n'a de cesse de m'étonner par la précision de ce qu'il compose, et modeste avec ça !, l'équipe de Falaises et Plateaux qui a su nous "arcueillir", et puis incidemment ma compagne qui a donné naissance à notre premier fils pendant que je mettais ce spectacle au monde, et pour conclure Philippe Osmalin et le Théâtre de La Fugue sans qui je n'aurais jamais fait ces onze années de rencontres par le biais de l'atelier théâtre que j'ai animé pour sa Compagnie à l'Université de Jussieu.
"Ballet Monstre" (je remercie Florence pour cette appellation désormais d'origine incontrôlable) articulait ensemble les scènes principales du "Concile d'amour" d'Oskar Panizza - pièce trop méconnue contant "l'invention" de la syphillis par le Diable pour satisfaire les besoins puritains du Seigneur - avec quelques Histoires Extraordinaires d'Edgar Poe - Le puits et le pendule, Le Coeur Révélateur, Le système du Docteur Goudron et du Docteur Plume dans l'adaptation pour le Grand Guignol d'André de Lorde, et Le Masque de la Mort Rouge, et plus accessoirement "Je suis d'ailleurs" de mon cher Lovecraft, ainsi que le monologue de Salomé d'Oscar Wilde. Le choix de ces textes s'est fait durant l'année de travail avec les participants. J'avais ajouté à cela des extraits des Grenouilles d'Aristophane, des Faust de Marlowe et Goethe, du Frankenstein de Mary Shelley, la nouvelle "Un habitant de Carcosa" de Bierce, et un choix plus large chez Poe. Ces derniers se sont écartés d'eux-mêmes, mais formuler un sens global par un montage de ceux qui restaient demeurait une affaire périlleuse. Si l'invention d'une maladie par le diable restait le fil conduteur, menant à l'apothéose du Masque de la Mort Rouge, nous nous sommes amusés à articuler ensemble de façon plus poétique le thème du Monstre et celui du Masque. Les Monstres étaient ici dans un premier temps les "bonnes pensées" du Diable, mais demeuraient traqués et chassés par les Masques, neutres et impersonnels, à la présence envahissante et contagieuse. Il s'agissait ici de la réelle maladie, du véritable fléau : la perte d'identité sous prétexte d'éradication de la part monstrueuse de chacun de nous. A l'origine, je voyais Dieu, puritain et cacochyme chez Panizza, comme le Masque en chef, le grand planificateur, et grand architecte de la normalité, bien que cette image ne soit pas apparue de façon si évidente sur scène. Au final, Dieu s'est révélé très accessoire; le Diable quant à lui est devenu un protagoniste plus exposant qu'agissant. Il en ressortait plutôt que les masques éradiquaient les monstres au fur et à mesure du déroulement de l'action, pour finir sur un Bal Costumé, celui du Masque de la mort Rouge d'Edgar Poe. Devant la menace de la maladie, les nantis se sont repliés dans leur forteresse. Tous sont masqués, pour le plaisir, et laissés entre eux, s'adonnent à leurs propres monstruosités, toujours pour le plaisir. Mais alors que sonnent les douze coups de minuit, apparait un masque plus cruel que les autres, celui de la Mort. On le démasque alors, pour découvrir la créature contagieuse qu'a inventé le Diable et qui décimera à son appel le reste de l'humanité "en respectant la hierarchie".
Le lecteur attentif de Poe comprendra que j'ai ici mélangé ensemble le personnage de la Mort Rouge avec celui de la fille syphillitique du Diable -fruit de ses amours avec Salomé ! - et créée par Panizza. Ne sont ils pas tout deux des avatars de la contamination ?

Je dois bien l'avouer, j'ai presque malgré moi (je ne voulais pas le faire exprès...) cherché, par ce montage de textes, à aborder d'un peu plus près la problématique du "Roi en Jaune" de Chambers, (voir Annexe aux Z Ined: Oscar Wilde a-t-il écrit "Le roi en Jaune" ? sur ce même blogue) . Mais surtout, il m'est apparu en y travaillant que la nouvelle de Lovecraft "Je suis d'ailleurs" n'était qu'une réécriture de la Mort Rouge de Poe, la scène du Bal étant perçue par le protagoniste mortel, le monstre que tous fuient, le mort vivant. La présence de cet être, l'"outsider", au milieu de convives masqués reste sans conteste l'image forte de ces trois oeuvres.


Me restent des impressions : susciter la peur chez le public est difficile sans jouer sur la corde de l'humour noir. C'est peut-être ce qu'il manquait à Chambers pour réussir à écrire pour de bon son "Roi en jaune". C'est du moins une solution de facilité pour ne pas sombrer dans le ridicule d'une peur liée au mythique, quand tant de choses peuvent susciter l'effroi dans la réalité. Rions de nos peurs et ayons peur d'en rire ... et d'en périr.

Les adieux du Président 2007



Pour le plaisir, un petit souvenir du premier tour des élections de 2007

A quand les premiers pas de l'homme sur la Lune ?



Je cite ici un article de la webrevue Techno Sciences : ( http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=3980 )
"Des recherches menées pour protéger les astronautes des radiations
L'université de Seattle, Washington et un laboratoire anglais mènent actuellement des études sur des systèmes capables de protéger les astronautes des radiations solaires et cosmiques lors des missions de longue durée vers Mars ou sur la Lune. Un bouclier pourrait repousser les radiations à la manière du champ magnétique terrestre
Des systèmes utilisant un bouclier capable de repousser les particules chargées sont ainsi en cours d'analyse. Ceux-ci se basent sur la génération d'un nuage plasmique destiné à englober le système vulnérable, le protégeant ainsi à la manière du champ magnétique terrestre avec les systèmes spatiaux en orbite basse. En 1984, la mission AMPTE (Active Magnetospheric Particle Tracer Explorer) avait utilisé un système équivalent mais le nuage plasmique n'était pas confiné au niveau des satellites et s'était dispersé dans l'Espace réduisant l'efficacité du système. Des expériences ont déjà été menées et les deux équipes espèrent pouvoir développer des satellites prototypes afin de pouvoir tester ces systèmes innovants dans l'Espace." (Fin de citation)

Eh bien ! Cela signifierait-il que jusqu'à,présent nous avons irradié jusqu'à la moelle nos joyeux astro / cosmo / spatio-nautes ? Alors là mon cher ! Vous êtes en pleine science-fiction ! La preuve : me voici moi-même en photo lors de mon dernier voyage sélenite (notre photo).


De là à affirmer que nous n'avons jamais découvert le moyen d'envoyer des organismes vivants hors de la ceinture de Van Hallen, il n'y a qu'un pas (de géant pour l'Humanité). Ah ces scientifiques ! Si on n'y prenait pas garde, ils seraient capables de gaffes bien pires que celle-là !
Inéditorialement vôtre !

samedi 30 janvier 2010

Oscar Wilde a-t-il écrit "Le roi en jaune" ? (11ème et dernier)






7) Le Retour du Roi 

Il serait injuste de ne pas rendre à César ce qui lui revient, tant pour Lovecraft, Wilde ou Bierce que pour Chambers, signifiant par là l’incontournable influence d’Edgar Allan Poe chez chacun d’entre eux. 
Qu’en est-il pour Le Roi en Jaune ? S’il est vrai que la morbidité latente des nouvelles de Chambers trouve un modèle général chez Poe, une nouvelle particulièrement attire notre attention : Le masque de la Mort Rouge (1845). Il est là aussi question d’un bal costumé chez les puissants, et il est aussi question d’une illusion de masque. Sans vouloir résumer l’intrigue, rappelons que les puissants se sont réfugiés dans leur forteresse aux sept Chambres (1) afin de se protéger de la « Mort Rouge », la peste, qui sévit au dehors. Protégés, ils s’organisent des festins. Un soir, le roi convoque un bal masqué. Au douzième coup de minuit apparaît au cœur même de la septième et dernière Chambre un être costumé en Mort Rouge. Si tous trouvent la plaisanterie de très mauvais goût, l’inconnu révèle qu’il ne s’agit pas d’un masque. La « Mort Rouge » vient de frapper. 


Le Masque Blême comme le Signe Jaune n’en sont que des avatars éclaircis. La peste est bien aussi terrible que toutes les menaces qui tourmentent les protagonistes de Chambers. Une autre nouvelle de Poe s’intitule d’ailleurs : Le Roi Peste. Là, le ton est d’un comique soutenu. Mais une troisième nouvelle, Ombre, revêt son manteau d’influence. 
Je cite ici Georges Walter, biographe récent de Poe : 
« Ombre est dune matière dure, compacte, sans le moindre interstice, froide comme le vestige minéral d'un folklore inconnu. On dirait qu'en ces quelques pages, comme en un champ clos. l'écrivain a organisé la rencontre - dans une égalité qui est un affrontement – des deux puissances visionnaire et de l'inventeur. Il en résulte l'unité brève du poème, son efficacité hypnotique. Tout est préparé – couleurs sans couleur, sons du silence – pour que surgisse la forme du dieu vague et terrible évoquant l'interdit biblique du Nom imprononçable. 
Walter Wellenstein :
"Die mask des roten Todes" - 1948
La première phrase a le caractère d'une inscription que l'on peut imaginer isolément gravée sur une stèle : «Vous qui me lisez, vous êtes encore parmi les vivants: mais moi qui écris, je serai depuis longtemps parti pour la région des ombres.» Le Pouvoir d'évocation des premiers mots est celui du maître manipulateur du temps. L'intervalle d'instauration, ici quasiment nul, laisse le texte parvenir au lecteur à la vitesse de la lumière – le temps que ses yeux se posent sur la page. La première partie d’Ombre – qualifiée de parabole ou de fable – évoque les ailes noires de la Peste, la deuxième réunit les personnages devant le corps d'un ami, dernière victime du fléau : « Une nuit, nous étions sept, au fond d'un noble palais, dans une sombre cité appelée Carcosa (2), assis autour de quelques flacons d'un vin pourpre de Yin. Et notre chambre n'avait pas d'autre entrée qu'une haute porte d'airain. » Et la troisième partie est la révélation : « Mais graduellement mon chant cessa, et les échos, roulant au loin parmi les noires draperies de la chambre, devinrent faibles, indistincts, s’évanouirent. Et voilà que du fond de ces draperies noires où allait mourir le bruit de la chanson s'éleva une ambre, sombre, indéfinie, une ombre semblable à celle que la lune, quand elle est basse dans le ciel, peut dessiner d'après le corps d'un homme : mais ce n'était l'ombre ni d'un homme ni d'un dieu, ni d'aucun être connu. Et, frissonnant un instant parmi les draperies, elle resta enfin, visible et droite, sur la surface de la porte d'airain. Mais l'ombre était vague, sans forme, indéfinie : ce n'était ni l'ombre d'un homme, ni d'un dieu, ni d'un dieu de Grèce, ni d'un dieu de Chaldée, ni d'aucun dieu égyptien Mais nous, les sept compagnons, ayant vu l'ombre comme elle sortait des draperies, nous n'osions pas la contempler fixement; mais nous baissions les yeux. Et à la langue, moi, Oinos, je me hasardai à prononcer quelques mots à voix basse. et je demandai à l'ombre sa demeure et son nom. Et l'ombre répondit : « Je suis Ombre, et ma demeure est à côté des Catacombes de Carcosa et tout près de ces sombres plaines infernales qui enserrent l'impur canal de Charon! » Et alors, tous les sept, nous nous dressâmes d'horreur sur nos sièges et nous nous tenions tremblants, frissonnants, effrayés: car le timbre de la voix de l'ombre n’était pas le timbre d'un seul individu, mais d'une multitude d'êtres : et cette voix, variant ses inflexions de syllabe en syllabe, tombait confusément dans nos oreilles en imitant les accents connus et familiers de mille et mille amis disparus! (2)»
8) Une dernière digression : Wilde et Stoker.

L'agent immobilier Rentfield, séide du Comte Dracula,
interprété par Tom Waits dans le film de Coppola.
La peste, associée ainsi au Roi en Jaune et sa cohorte d’allégories, et au Masque Blême tout particulièrement, n’est pas sans faire résonner un autre mythe ô combien populaire, principalement depuis qu’il fut inventorié par un autre ami d’Oscar Wilde et comme lui dublinois : Bram Stoker et son Dracula (1897). Peut-être Chambers a-t-il à son tour influencé Stoker (3). Mais sans doute aussi partageaient-ils le même goût pour les écrits d’Oscar Wilde (4). Quoi qu’il en soit, autorisons-nous à affirmer que de Carcosa des Hyades au Masque Blême, le mythe du Vampire s’articule bien volontiers avec le Roi en Jaune. Carcosa, ou Hastur, ont ces allures de nécropoles que l’on prêterait volontiers aux Nosferatus. L’effroi, la fascination, la contamination de la non-mort, l’apathie morbide et la menace sourde forment bien le champ lexical des deux œuvres. Leurs succès respectifs en 1895 et 1897 démontrent surtout combien ces idées devaient être « dans l’air » à cette époque, des deux côtés de l’Atlantique. Et dès lors qu’apparaissaient les signes du Retour du Roi, ces deux années, Oscar Wilde les passa au bagne, tel le Rentfield de Dracula hurlant depuis la cellule d'un asile d'aliénés : « Le Maître ! Le Maître est de retour ! »
(1) : Notons toutefois que, selon le biographe Georges Walter, le palais au sept Chambres (rappelant celui du Roi au Masque d’Or, où encore le nombre des portes de Thèbes, la Cité d’Œdipe Roi) est reconstitué en plein New-York. Le propriétaire n’autorise pas les visites, et la porte en est peinte en … jaune ! 
Voir aussi cet article au sujet d'une des adaptation cinématographique du conte de Poe : ICI.

(2) : Pas d’affolement ! Poe n’est pas l’inventeur des noms Carcosa, Yin, etc… Rowainrrr tient à signaler qu’il s’est autorisé à changer quelques noms pour forcer le trait, et créer un peu plus de citations possibles au Roi en Jaune. Il invite toutefois le lecteur attentif à se reporter à la nouvelle originale de Poe

(3) :Là où Chambers décrit des Chambres Léthales municipales, Stoker fait écrire au Docteur Seward de son roman : « Euthanasie est un mot excellent et réconfortant. J’ai de la reconnaissance pour celui qui l’a inventé. » (voir aussi note 5).

(4) : Stoker partageait les goûts d’Oscar Wilde, tant et si bien que lorsqu’il rencontra celle qu’il épousera, Florence Balcombe, elle était alors courtisée par son ami Wilde… Chambers, lui, partageait avec Wilde une passion pour les porcelaines chinoises.

(5) : Une dernière note : le King's Yellow était le nom donné à un pigment à base d'Arsenic au Moyen-Age. Si cela ne nous éclaire que peu, il n’en demeure pas moins un présage funeste qui ne fait que renforcer la morbidité de l’ensemble. (source : Lien web)



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